Fini la buée sur les lunettes: «Cette invention est née par frustration»

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Fini la buée sur les lunettes«Cette invention est née par frustration»

Matthias Vanoni, ancien doctorant à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et Raymond Morel, ingénieur et docteur en mathématiques, ont inventé un aérateur permettant de mieux respirer sous le masque. Les premières livraisons sont prévues pour novembre.

par
Valentina San Martin
L’aérateur Airplusplus est fait à partir de plastique alimentaire.

L’aérateur Airplusplus est fait à partir de plastique alimentaire.

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C’est en plein mois de juillet, sous le soleil de Saint-Tropez (F), que deux compères ingénieurs de formation imaginent un ustensile pour rendre le masque plus confortable. «Nous-mêmes trouvions qu’il était difficile de respirer sous le masque, s’amuse Matthias Vanoni, ingénieur et ex-doctorant à EPFL. En plus de cela, on voyait pas mal de gens qui avaient préféré opter pour des visières. L’aérateur Airplusplus, c’est vraiment une invention née par frustration.»

Premiers prototypes en pâte à modeler

Le dispositif est simple: il s’agit d’un ustensile en plastique alimentaire que l’on place sur le menton et qui est retenu par le masque lui-même, placé par-dessus. La prise d’air se fait en dessous du visage, au niveau du menton et s’échappe par les côtés, vers les joues. «Au départ, on s’est demandé ce qu’on faisait pour mieux respirer avec le masque, explique Matthias Vanoni. Après observation: soit on l’enlève, soit on l’écarte.» Les deux experts se sont ensuite mis à imaginer des formes à l’aide de pâte à modeler. «Comme mon collègue Raymond Morel et moi adorons les maths, on a enchaîné les tests et les calculs.» Les premières impressions 3D et les dernières modifications ont été faites en septembre. Depuis, un site de précommandes a vu le jour et des milliers de personnes auraient déjà craqué. Les livraisons devraient se faire d’ici le mois de novembre. Et puis l’heureux imprévu, ou «la cerise sur le gâteau», comme l’ancien doctorant aime à le dire, c’est que l’aérateur permet d’éviter la buée sur les lunettes.

Fabriquant chinois

Durant une période de tâtonnement qui a duré quelques semaines, Matthias Vanoni et Raymond Morel ont bien évidemment dû chercher un fabricant. C’est en Chine qu’ils l’ont trouvé. «On a fait face à un certain snobisme de la part de la France ou de la Suisse. Ils n’étaient pas intéressés par le produit et les offres n’étaient pas très intéressantes pour nous.»

Pouvoir filtrant affaibli

Mais alors, un dispositif écartant légèrement le masque et qui permet à l’air de circuler est-il un problème en termes de protection? D’après Matthias Vanoni, il est très peu probable que des gouttelettes entrent par-dessous le masque ou s’échappent sur les côtés. Le risque de contamination est donc négligeable. Toutefois selon Bertrand Kiefer, bioéthicien et rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, l’invention réduit beaucoup l’efficacité du masque: «Si au départ on pensait que le virus se transmettait par des gouttelettes, on sait aujourd’hui qu’il peut s’attraper par des aérosols.» Il faut donc privilégier la respiration à travers le masque qui filtre l’air.

Ventilateur portable

Des alternatives au port inconfortable du masque ont été mises sur le marché. C’est le cas de la Catecair 101, une sorte de petite boîte légère à placer sur la poitrine. L’ustensile envoie de l’air filtré sur le visage, ce qui permet à l’utilisateur de respirer un air propre, le tout sans avoir besoin de porter de masque. Il est cependant à noter que le masque chirurgical porté correctement reste la meilleure solution pour se protéger du Covid-19.

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