03.10.2018 à 15:30

Thurgovie

Cette retraitée a vendu son chien sans le savoir

En rentrant de vacances, une Thurgovienne a découvert que son toutou avait été acheté par une famille. La faute à une déclaration de renonciation qu'elle a signée, pensant qu'il s'agissait d'un contrat de pension.

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L'histoire est si farfelue qu'elle est à peine croyable. Emely Sidler, une retraitée lucernoise de 74 ans, a vendu son chien... par erreur.

Selon «Blick», tout a commencé au printemps de cette année. «Je voulais enfin repartir en vacances. J'ai donc décidé de placer Mila, 3 ans, en pension. Je l'ai remise à R., la femme qui me l'avait vendue un an auparavant.»

«Le titre de document n'était pas visible»

Lorsque les deux femmes se sont rencontrées, Emely Sidler a signé un document qu'elle pensait être un contrat pour la prise en charge. Mais en réalité, il s'agissait d'une déclaration de renonciation. «On s'est vues dans un parking souterrain. Il faisait sombre et j'ai signé le document sur le pare-brise mouillé d'une voiture. Le titre du document n'était pas visible. Il était recouvert par quelque chose», raconte au journal la septuagénaire.

Ce n'est qu'en rentrant de vacances que la Thurgovienne s'est rendu compte que sa chienne ne rentrerait plus à la maison. Elle en est convaincue: «On m'a arnaquée.» L'Alémanique concède cependant ne pas avoir lu le contrat (voir encadré). «Cette femme a abusé de ma confiance.»

Quand Emely Sidler a voulu porter plainte auprès de la police, R. a présenté la déclaration de renonciation. Depuis, c'est la parole de l'une contre celle de l'autre. Contactée par «Blick», R. assure avoir joué franc jeu. «Quand j'ai pris en charge Mila, j'étais à mon 8e mois de grossesse et j'avais déjà deux chiens. Il était évident que j'allais lui trouver un nouveau foyer.»

«Jamais je n'aurais pu vendre ma chienne»

Pour prouver ses dires, R. a montré au journal des SMS dans lesquels la retraitée insiste pour se débarrasser du chien. Confrontée aux textos, la septuagénaire explique: «Mila a grandi en Bosnie, dans des conditions difficiles. C'est pour ça que je me plaignais. Mais quand elle a enfin commencé à m'écouter, on me l'a prise froidement. Jamais je n'aurais pu vendre ma chienne.»

La retraitée explique ne plus pouvoir fermer l'oeil, tellement l'histoire la travaille. Elle ne parvient pas à surmonter la perte de son animal. Mais il semble qu'elle devra bien s'y faire un jour. Car les nouveaux propriétaires, vivant au bord du lac de Constance, n'ont pas l'intention de se séparer du border collie: «Nous serions d'accord de rencontrer Mme Sidler dans un lieu neutre afin qu'elle puisse voir Mila une dernière fois.»

Que faire lorsqu'on signe par erreur un document?

En Suisse, comme dans d'innombrables autres pays, les décisions importantes sont fixées par écrit. Pour le démarchage à domicile, le consommateur dispose d'un droit de révocation de 14 jours. Ce même délai est accordé aux personnes ayant signé trop rapidement ou par errer des contrats de leasings ou de crédits.

Or la plupart des autres contrats entrent directement en force. Lorsqu'il n'existe aucune clause de résiliation ou de révocation, les personnes concernées dépendent entièrement du bon vouloir du partenaire contractuel.

Une personne qui dit avoir été trompée au moment de la signature du contrat doit pouvoir le prouver. Ce qui est dans la plupart des cas très difficile à faire sans témoins ou preuves concrètes, écrit «Blick».

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