Actualisé 16.01.2015 à 08:39

Tennis

«Cette victoire a changé ma vie»

A l'instant de remettre symboliquement le trophée de Champion d'Australie lors de la cérémonie du tirage au sort, Stan Wawrinka a eu bien raison de revenir sur le véritable séisme qu'il avait provoqué l'an dernier à Melbourne Park.

«Cette victoire a changé ma vie. Je fais partie désormais de l'histoire du tennis». Stan Wawrinka est revenu sur son sacre de l'an passé.

Premier joueur à battre Novak Djokovic et Rafael Nadal dans un même tournoi du Grand Chelem, il a surtout fait sauter le verrou du «Big Four» qui avait enlevé trente-quatre des trente-cinq derniers titres majeurs. Avant lui, seul Juan Martin Del Potro à l'US Open en 2009 avait trouvé une brèche dans l'emprise totale exercée dans le jeu par Roger Federer (17 titres), Rafael Nadal (14), Novak Djokovic (7) et Andy Murray (2).

Pas rassasié

Aujourd'hui, Stan Wawrinka est sans doute un homme comblé mais il n'est pas rassasié. Le Vaudois sait parfaitement que gagner un deuxième tournoi du Grand Chelem lui donnera une place encore plus enviable dans cette histoire du tennis qu'il se plaît, lui aussi, à écrire. Plus enviable que celle occupée par un Yannick Noah, un Thomas Muster, un Juan-Carlos Ferrero, un Carlos Moya, un Michael Stich, un Goran Ivanisevic, un Pat Cash ou un Andy Roddick, tous ces grands champions qui n'ont connu le bonheur que d'un seul sacre.

Venu de très loin l'an dernier - sa cote auprès des bookmakers au début de la quinzaine était de 55 contre 1 -, Stan Wawrinka n'est toujours vu que comme un outsider derrière les membres du Big Four et de Kei Nishikori, son «bourreau» lors du dernier US Open et son adversaire théorique en quart de finale à Melbourne. Ce relatif scepticisme qu'il dégage n'est pas surprenant dans la mesure où il n'a plus joué une demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis sa campagne victorieuse de Melbourne.

Même s'il n'avance plus masqué comme l'an dernier, cette situation ne doit pas lui déplaire. Il estime être en mesure de brouiller à nouveau toutes les cartes. Définitivement rassuré par son niveau de jeu depuis cette fameuse demi-finale du Masters contre Roger Federer, il fut l'homme fort de la finale de la Coupe Davis tant son emprise sur le plan technique et psychologique fut impressionnante.

Un tableau favorable

La semaine dernière, il a conservé son titre à Chennai (Inde) avec une aisance remarquable. La manière avec laquelle il s'est imposé 7-5 6-3 en demi-finale face à David Goffin a apporté la confirmation qu'il évoluait dans le même registre qu'à Lille. Depuis mardi, il enchaîne les grosses séances d'entraînement contre Rafael Nadal, Novak Djokovic et Milos Raonic pour retrouver ses marques à Melbourne Park avant le premier tour qui l'opposera au Turc Marsel Ilhan (ATP 99), un joueur qu'il n'a jamais encore affronté.

L'an dernier, Stan Wawrinka s'était présenté au rendez-vous de son quart de finale dans un état de fraîcheur intact. Il avait, faut-il le rappeler, bénéficié de l'abandon d'Andreï Golubev au premier tour et du forfait de Vasek Pospisil en seizième de finale. Même si un tel concours de circonstances ne se reproduira sans doute pas cette année, le Vaudois ne devrait pas égarer trop de forces avant le «money time». Son tableau jusqu'en quart de finale s'apparente, en effet, à un petit boulevard. S'il s'impose devant Nishikori ou David Ferrer (no 9), il sera temps alors de songer à l'acte III du duel contre Djokovic à Melbourne. On prie pour qu'il soit aussi grandiose que les deux premiers. (ats)

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