Actualisé 28.05.2014 à 05:29

Genève

«Cette zone 30 ressemble à une autoroute!»

Une minorité de conducteurs se plient à la limitation dans un secteur récemment aménagé à Saint-Jean, à Genève. Les riverains grincent des dents.

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La zone 30 peine à se faire respecter.

La zone 30 peine à se faire respecter.

39, 43, 41 km/h: il suffit d'observer cinq minutes le dispositif affichant la vitesse de passage des véhicules pour se rendre compte que la zone à 30 km/h de la rue de Saint-Jean, à Genève, a du mal à se faire respecter. A peine 10% d'entre eux roulent à la vitesse prescrite, même à une heure où les écoliers sortent de classe. «Le soir, certains font même des pointes à 80 km/h», assure un riverain.

Il faut dire que la large ligne droite d'un kilomètre, sans chicane ni ralentisseur, n'incite guère à la retenue. A part deux panneaux à l'entrée et à la sortie du secteur, seules quelques marques au sol, délavées, rappellent les règles. En janvier, des trottoirs ont également été élargis afin de ralentir le trafic.

«Insuffisant», clament des riverains, qui craignent pour la sécurité des pensionnaires de la crèche et du jardin d'enfants. «Cette rue ressemble à une véritable autoroute», constate Marie Barbey. L'élue PDC a déposé une motion ­devant le Conseil municipal, signée par tous les partis, demandant aux autorités d'agir.

Mais la marge de manœuvre de la Ville est elle aussi limitée: selon le droit fédéral, seule une signalisation aux extrémités de la zone est autorisée. La présence de plusieurs lignes TPG empêche par ailleurs l'installation de certains ralentisseurs.

L'Etat a consenti à réaliser de nouveaux marquages au sol, pour notamment empêcher les autos de dépasser les bus. Il analysera la pertinence d'installer un radar, comme le réclament les riverains.

En Suisse, on aime le 30 km/h

Près de la moitié des citoyens du pays sont prêts à voir les ­limitations de vitesse passer de 50 à 30 km/h en localité, selon un sondage mené par le Bureau de prévention des accidents. La mesure a surtout la cote auprès des femmes. Le fait qu’elle limite le nombre d’accidents séduit. Les réfractaires jugent que ces aménagements constituent une perte de temps ainsi qu’un risque accru de se faire amender.

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