Actualisé

Affaire UBS«Ceux qui réparent le gâchis n'y sont pour rien»

La résolution du conflit fiscal avec les autorités américaines à propos des données de clients de l'UBS revient à l'Etat, estime le président de la grande banque Kaspar Villiger.

Nous avons rempli notre part de l'accord avec les Etats-Unis», précise-t-il.

Le problème posé par le récent jugement du Tribunal administratif fédéral (TAF) ne peut être résolu qu'au travers de l'action de l'Etat, a indiqué samedi l'ancien conseiller fédéral dans une interview accordée à la «Neue Zürcher Zeitung». «Il constitue un conflit entre deux Etats avec deux ordres juridiques distincts.»

«L'UBS ne peut rien contre cela», ajoute Kaspar Villiger. La position de politiciens exigeant que la banque se débrouille seule pour livrer des données au fisc américain n'est pas défendable, selon l'ancien grand argentier de la Confédération, qui préside le conseil d'administration de l'UBS depuis bientôt un an.

Pas responsables du gâchis

«Le président de la direction de l'UBS, Oswald Grübel, et moi- même, nous ne violerons jamais le droit suisse», insiste Kaspar Villiger dans les colonnes du quotidien zurichois. «Les gens qui aujourd'hui s'occupent de réparer le gâchis au sein de la banque n'y ont en tout cas pas participé.»

Ils ont stabilisé l'établissement en tenant leurs promesses, apporté de nouvelles règles éthiques pour le personnel et fait que le prêt octroyé par la Confédération se solde par un bénéfice pour les contribuables. «L'UBS se trouve désormais dans une situation infiniment meilleure que celle d'il y a un an», relève-t-il enfin.

L'ancien ministre a par ailleurs mis en exergue la qualité la nouvelle politique de la banque en matière de bonus. A ses yeux, l'UBS fait figure de pionnière, une dimension saluée aussi bien par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) que par l'autorité de régulation américaine.

Plus de bonus, plus de banque

L'établissement a même souffert de son nouveau système de rémunération, en perdant des recettes à hauteur de centaines de millions de francs en raison du départ de certaines de ses équipes pointues à la concurrence. «Sans bonus aucun, on ne peut conduire une banque», explique encore Kaspar Villiger.

«Tant que les autres acteurs du secteur paient des bonus, nous sommes obligés de suivre», a précisé de son côté Oswald Grübel dans une interview parue dimanche dans l'hebdomadaire alémanique «Sonntag». Lui-même n'en percevra pas, parce que l'UBS ne dégage pas encore de bénéfices, a-t-il dit.

Au terme des neuf premiers mois de l'exercice 2009, l'UBS a essuyé une perte nette de près de 4 milliards de francs. Oswald Grübel ne s'est pas exprimé sur le bouclement annuel attendu pour dans dix jours, le 9 février.

Taille des banques

Le président de l'Association suisse des banquiers (ASB), le Genevois Patrick Odier est pour sa part revenu sur le débat touchant à la taille pertinente des entreprises. Pour lui, il ne doit pas se limiter aux seules banques, le critère doit être le risque qu'une société fait prendre à l'économie en général.

A ce sujet, Kaspar Villiger a avancé la comparaison avec les centrales nucléaires, en relevant que le risque de catastrophe était intégré dans leur exploitation. «Peut-être en va-t-il de même pour les grandes banques», a-t-il souligné.

En matière de mesures de régulation, Patrick Odier soutient une approche coordonnée au niveau international sur quelques exigences de base, a-t-il dit dans l'interview parue samedi dans «24 Heures» et la «Tribune de Genève». A commencer par des «solutions équilibrées» sur le ratio de capitaux à exiger des banques.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!