CFF Cargo: la fronde prend de l'ampleur
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CFF Cargo: la fronde prend de l'ampleur

Les protestations contre les restructurations chez CFF Cargo gagnent du terrain.

Tandis que le Conseil fédéral a appelé vendredi à un retour au dialogue dans le conflit, les employés ont manifesté à Fribourg avec un large soutien politique.

L'annonce jeudi par les CFF de la suspension de la restructuration à Fribourg n'a pas entamé la détermination des employés. Après avoir décidé de poursuivre les «pauses prolongées» de protestation jusqu'à mercredi prochain, le personnel a manifesté vendredi pour le retrait du plan.

Les employés fribourgeois ont reçu le soutien d'une délégation de 70 grévistes de Bellinzone et de plusieurs parlementaires fédéraux. Brandissant des drapeaux du SEV, le Syndicat du personnel des transports, pas moins de 200 personnes se sont entassées devant l'entrée du call center.

Le conseiller d'Etat Beat Vonlanthen a été hué lorsqu'il leur a demandé de ne pas faire grève et de se concentrer sur la voie des négociations. Mais le Singinois a été très applaudi lorsqu'il a reproché aux CFF de ne pas tenir compte d'une «saine répartition entre régions». «Une fois de plus, la Suisse romande est l'enfant pauvre», a t-il reproché.

«Diktat pur et simple»

Nouveau président du PS, Christian Levrat a stigmatisé le «diktat pur et simple» des CFF sous les ovations du public. «Même les grandes entreprises capitalistes négocient avec leurs employés», a-t-il lancé. Ce n'est pas aux employés à payer la «stratégie suicidaire» du management.

Le conseiller national Jean-François Steiert a appelé les manifestants à maintenir la pression: «Ce n'est pas le moment de mollir». «Les CFF ne peuvent pas décider seuls de l'avenir des cantons et des employés», a martelé le président du SEV et ancien conseiller aux Etats jurassien, Pierre-Alain Gentil.

La Conférence des gouvernements de Suisse occidentale (CGSO) s'est d'ailleurs solidarisée avec les autorités fribourgeoises. Elle estime que les CFF font supporter à la Suisse occidentale et à Fribourg en particulier les erreurs de gestion commises ces dernières années.

Convois stoppés

Au Tessin, les conducteurs de trains tessinois se sont quant à eux solidarisés avec les ouvriers des ateliers CFF de Bellinzone, en grève depuis une semaine. Sans information préalable aux CFF, ils ont stoppé leurs convois régionaux pendant cinq minutes vendredi matin.

Cette interruption symbolique n'a pas perturbé le trafic, mais la grève commence à avoir des répercussions. Faute de pièces de rechanges livrées par les ateliers de Bellinzone, deux trains marchandises de la chaussée roulante roulante RAlpin SA n'ont pas pu effectuer leur trajet Novare (I)-Fribourg en Brisgau (D) vendredi.

«Les CFF espèrent ne pas perdre des clients tels que RAlpin. Ce ne serait pas un signal encourageant», a commenté Alessandro Malfanti, porte-parole des CFF au Tessin. Selon lui, des mesures ont été néanmoins prises pour obtenir des pièces de rechange ailleurs qu'à Bellinzone, au cas où la grève se prolongerait.

Agenda chargé

Le patron des CFF Andreas Meyer n'aura pas de répit samedi: une rencontre est prévue avec les syndicats. Vendredi, le comité de grève des ateliers de Bellinzone l'a invité par lettre recommandée à venir au siège du gouvernement tessinois samedi après-midi.

Le personnel fribourgeois de CFF Cargo fera le point lundi lors d'une nouvelle assemblée sur les discussions du week-end. Une manifestation nationale est prévue à Berne mercredi, jour d'un débat urgent sur l'entreprise au Conseil national. Les organisateurs négocient encore avec les autorités bernoises car le règlement municipal interdit les manifestations sur la Place fédérale lors des sessions parlementaires. (ats)

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