Six Nations: Chabal se fâche contre les médias
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Six NationsChabal se fâche contre les médias

La barbe noire de Sébastien Chabal a tremblé de colère contenue quand le plus célèbre enblême du pack tricolore est venu jeudi matin répondre aux critiques.

Une semaine particulière pour les Bleus

Le soleil brille au-dessus du Centre National de Rugby à Marcoussis, il ne parvient pas à dissiper les nuages noirs accrochés dans les têtes des joueurs du Quinze de France après leur déroute face à l'Angleterre (34-10) dimanche à Twickenham.

«J'ai vécu des semaines difficiles en équipe de France, mais là c'est le 'top one' de mes pires souvenirs rugbystiques. J'ai la sensation d'avoir passé mon temps à courir après des mecs sans jamais les attraper», confesse Cédric Heymans, qui a conservé sa place à l'aile pour le dernier rendez-vous du Tournoi des Six Nations, samedi en Italie.

Rentrés de Londres lundi après-midi, les Tricolores n'ont pas retrouvé automatiquement le sourire en retrouvant leurs pénates.

«Tout le monde faisait la gueule, c'était moins joyeux que d'habitude», témoigne Sébastien Chabal. Le joueur de Sale admet être de ceux qui ont encore eu du mal à trouver le sommeil lundi soir au point qu'il a pu revoir trois fois le match au cours de la soirée.

Au-delà du constat de carence des Bleus, l'ancien Berjalien n'a pas mieux compris ce qui s'est passé. «De toutes les défaites avec l'équipe de France, c'est la plus inexplicable», assure-t-il.

Masochiste, ou particulièrement studieux Chabal? En tout cas, au premier entraînement tout le monde était bien attentif. «A l'entraînement, on est très concentrés. On s'y attendait après ce genre de match», reconnaît le capitaine Lionel Nallet.

Les Tricolores sont conscients qu'ils ont déçus mais aussi désorienté leurs entraîneurs qui espéraient que le déplacement en Angleterre confirmerait le bon match face aux Gallois. Même Marc Lièvremont, l'entraîneur principal du Quinze tricolore, est sorti - sans excès - de ses gonds. «Ils ont sorti un match dégueulasse. C'est un manque de respect», assène l'ancien 3e ligne international.

Les joueurs font profil bas. «L'ambiance est lourde», détaille le pilier Sylvain Marconnet. «Quand tu croises un membre du staff, tu baisses la tête...»

Mercredi matin, Lièvremont n'a opéré que quatre changements pour affronter l'Italie et a préféré miser sur le désir de rachat de son groupe. Soulagement mêlé d'un sentiment d'exigence dans les rangs.

«Après la déroute, on aurait pu être nombreux à rentrer à la maison, dont moi car j'ai été absent des débats. On est contents de la confiance que nous est accordée mais quelque part on est redevable», résume Nallet.

Humiliés par les Anglais, critiqués, tancés par leurs entraîneurs, les Tricolores veulent rétablir la vérité sur leur niveau dès samedi à Rome.

«Vivement que l'on remette les crampons» déclare Heymans. «On a pris une belle claque mais il faut arrêter de tendre l'autre joue».

Chabal fâché contre les médias

«Vous m'avez bien soigné. Je n'ai pas fait un bon match mais je ne méritais pas cela», a-t-il dit aux journalistes.

La défense de Chabal a été prise à défaut sur le premier des cinq essais anglais. Ensuite, il s'est fait arracher un ballon offrant involontairement la munition pour le troisième essai du Quinze de la Rose. Des jugements sévères sont tombés. Un commentaire a même insinué que la vraie place de Chabal n'était pas sur le terrain, ni sur le banc, mais à l'arrière d'un abribus, référence à l'envahissante présence publicitaire de l'icône chevelue.

«Tous ceux qui ont écrit ces saloperies ne sont pas là», a avancé Chabal, cherchant du regard un coupable potentiel et bien décidé, en tout cas, à régler ses comptes par personnes interposées.

Le joueur de Sale a estimé ses reproches «trop violents» et a invité les journalistes «à mettre la pédale douce».

«On est assez grands pour savoir ce que l'on a pas fait. Et les critiques de l'encadrement sont les mêmes que celles que nous nous étions adressées», a expliqué Chabal.

L'ancien Berjalien avoue avoir revu le match à trois reprises. «Je n'arrivais pas à dormir», a-t-il confessé, un sourire sur les lèvres. «A chaque fois, j'étudiais un aspect différent du jeu. J'ai regardé ce que je pouvais améliorer.»

Sachant que la plupart des journalistes qui le cernaient ne s'étaient pas astreints à un tel pensum, Chabal a eu beau jeu de les inciter «à prendre du recul avant d'écrire».

Résumant sa pensée, Chabal reproche aux médias de faire tour à tour de lui une vedette ou un bouc-émissaire, selon les circonstances.

«Même quand je ne fais rien, la presse me mets à la Une parce que cela fait vendre, mais moi je n'ai pas besoin de la presse» a-t-il dénoncé, un vibrato de colère dans la voix. «Maintenant, il faut détruire Chabal parce que cela fait vendre du papier». (ap)

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