Actualisé 28.07.2011 à 19:09

Football - Super LeagueChagaev accuse son staff de blessures volontaires

Le propriétaire de Neuchâtel Xamax termine de tirer à boulets rouges sur ses désormais anciens employés Sonny Anderson et son staff contre lesquels il porte de graves accusations.

Virilité et honneur occupent souvent une place de choix dans l'argumentaire de Bulat Chagaev.

Virilité et honneur occupent souvent une place de choix dans l'argumentaire de Bulat Chagaev.

«Je veux m'expliquer sur plusieurs points.» D'habitude peu enclin à parler aux médias, M. Chagaev a lui même contacté l'agence de presse Sportinformation. «Je fais cela pour les fans, car il n'y a pas de différence entre les 10 francs qu'ils dépensent pour venir au match et l'argent que je dépense pour le club. Le reste m'est égal», assure-t-il. A voir la colère monter peu à peu lors de ses réponses, on jurerait du contraire.

Les attaques des politiciens dans divers médias mercredi et jeudi ne sont pas passées inaperçues, avec, parfois, des mots très durs. Bulat Chagaev n'aurait pas sa place en Suisse (Pirmin Bischof/conseiller national PDC), serait nocif à la société (Toni Bortoluzzi/conseiller national UDC) ou se comporterait comme un hooligan (Adrian Amstutz/vice-président de l'UDC).

«Encore des changements !»

«C'est moi le hooligan ?, interroge M. Chagaev en haussant le ton, visage fermé. Alors que plusieurs politiciens font tout pour que j'échoue et que les anciens dirigeants se sont comportés comme des bandits en ce sens qu'ils s'en fichaient du club ? Je croyais connaître la Suisse, un pays que j'aime. J'aurais apparemment dû, pour plaire aux Suisses, laisser Xamax comme il était, quand personne ne regardait ce qu'il s'y passait. Mais j'ai voulu réorganiser toute la structure.»

Le Tchétchène stigmatise également le comportement de la Swiss Football League et des journalistes, les deux étant, tout comme les politiques, liés à certains agents de joueurs qui veulent du mal au club. «Si le fait que les choses ne se déroulent pas comme lors des 10 dernières années inquiète la Ligue, elle a raison de se faire du souci! Il y aura encore des changements ! Mais, plutôt que de juger de l'extérieur, elle n'a qu'à venir se rendre compte de ses propres yeux.»

Accusations contre Anderson

La théorie du complot version Bulat Chagaev s'étend aussi au staff technique de Sonny Anderson, remercié dimanche soir quelques minutes après la défaite 2-0 à Bâle. En résumé, il laisse clairement entendre que l'ancien international brésilien, de mèche avec des agents, opérait des choix sportifs liés à des intérêts financiers personnels, comme des commissions sur de futurs transferts. Et qu'il faisait tout pour mettre en valeurs ces joueurs-là, comme Galatto ou Carlao.

«Je ne voulais pas de Galatto mais Sonny Anderson a insisté. On l'a vu à l'oeuvre contre Lucerne et j'ai dû le licencier. Je voulais aussi renvoyer Carlao après ce premier match, mais Anderson a persisté contre Bâle. Tout comme avec Binya, lequel avait été prévenu après la finale de la Coupe qu'il devait changer de comportement sur et en dehors du terrain.»

Impitoyable, M. Chagaev estime qu'il est «encore trop tôt» pour un Anderson qui n'a «pas le niveau» de la 1re division«. «Si je l'ai fait venir, développe-t-il, c'était parce qu'il n'y avait pas de bon entraîneur disponible... Un bon joueur ne fait pas toujours un bon coach.» Le Brésilien appréciera sûrement.

Fumer tue...

Il aimera aussi sans doute connaître le portrait que dépeint de lui son ancien patron. «Nous prenons tous nos buts de la même manière. C'est normal cela ? Il n'y a jamais eu de remise en question. L'équipe enchaînait des exercices identiques à l'entraînement, sans jamais travailler l'attaque ou le hors-jeu.»

Et d'en remettre une couche. «Sonny sortait chaque demi-heure pour fumer une cigarette. Ça aussi, c'est professionnel ? Ciccolini, lui, restait immobile comme Napoléon. Le préparateur physique Patrick Legain a fait exprès de blesser le gardien Logan Bailly en le faisant courir 15 km à sa première séance pour faire venir Galatto. Binya a de son côté reçu des consignes pour blesser le nouvel arrivé géorgien Irakli Chirikashvili, ce qui permettait à Anderson de continuer à mettre en valeur les joueurs que lui voulait.»

Contacté par Sportinformation, Sonny Anderson attend avant de réagir. «Laissons paraître dans la presse les propos de M.Chagaev et je répondrai ensuite.» Son bras droit François Ciccolini s'est lui aussi refusé à tout commentaire. Pour l'instant.

M. Chagaev, vous avez renvoyé tout votre nouveau staff dimanche. Pensiez-vous vraiment qu'il allait conduire Xamax à la victoire en à peine un mois ?

Non, je ne suis pas si stupide. Je sais ce que j'ai acheté et je sais que nous avons dû travailler dans l'urgence.

N'aurait-il pas fallu alors laisser du temps à Sonny Anderson et son staff ?

Il y a le football et il y a ses à-côtés. Dès que j'ai compris le bal que menait Sonny Anderson avec les agents, j'ai dû intervenir.

Nous avons appris que le staff n'avait aucune liberté de choix sur l'équipe. Vous confirmez ?

Non, aucune liberté. J'ai fait les choix. Anderson me proposait des renforts vieux ou blessés. Je lui ai dit que Xamax n'était ni un hôpital, ni une maison de retraite.

Vous parlez du recrutement, mais Anderson et ses collègues avaient-ils le choix de l'équipe, des joueurs, de la composition d'équipe ?

Oui, ils décidaient. Je ne m'en suis jamais mêlé jusqu'à la mi-temps contre Bâle, où j'ai demandé les sorties de Carlao et Binya. Si quelqu'un prétend le contraire, qu'il me le dise dans les yeux. Je suis retourné aux vestiaires après le match pour remercier les joueurs de leur 2e mi-temps, et j'ai annoncé à Anderson que c'était fini.

Vous êtes-vous calmé maintenant ou doit-on s'attendre à une vague de licenciements tous les deux jours ?

(en riant) Mais je suis calme ! J'ai maintenant trouvé l'entraîneur que je voulais et qui vient avec un staff professionnel. Le problème n'est pas de perdre des matches, mais il s'agit de savoir pourquoi on perd. Et cela s'est vu dès l'entrée des équipes à St-Jacques. (il s'emporte, se lève et mime la scène) Bâle avait la tête haute, nous enfoncée dans les épaules.

Mais même le médecin de l'équipe n'a pas passé juillet...

Le docteur Grossen n'a pas administré à Logan Bailly le bon traitement. En faisant d'autres examens à Genève, on nous a dit que si nous continuions comme cela, il faudrait opérer. C'est un comportement professionnel ça ? Cela convient peut-être l'équipe de Suisse, mais pas Xamax! (si)

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