Chaînes TV épinglées pour diffusion de pubs pornographiques
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Chaînes TV épinglées pour diffusion de pubs pornographiques

Les chaînes de télévision alémaniques Star TV et U1 TV se font taper sur les doigts pour avoir diffusé des publicités à caractère pornographique.

L'autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) les a rappelées mardi à l'ordre.

Les deux chaînes diffusent tous les soirs après minuit un programme érotique, qui a suscité diverses plaintes. Les reproches concernent en particulier le bloc publicitaire, jugé «immoral» et «dangereux pour la jeunesse» par les plaignants, a indiqué l'AIEP.

Dans son examen, l'autorité a buté en particulier sur des spots proposant des vidéos «hard» à télécharger sur les téléphones portables. Même si les parties génitales sont dissimulées dans les images, les titres et les commentaires audio ne laissent planer aucun doute sur le caractère pornographique des produits.

Forte de cet avis, l'AIEP est arrivée à la conclusion que ces publicités constituent une atteinte à la moralité publique au sens de la loi sur la radio et la télévision et a admis les plaintes. Pour elle, la concession a été violée, malgré la diffusion tardive et les bandes d'avertissement insérées par Star TV.

Les deux émetteurs ont maintenant 60 jours pour rendre un rapport présentant les mesures prises pour corriger le problème. Ils peuvent également recourir contre la décision de l'AIEP auprès du Tribunal fédéral.

Procès à Zurich

L'autorité indépendante n'a en revanche pas tranché la question de savoir si ces publicités contrevenaient aux normes pénales en matière de pornographie. Cette question relève des tribunaux, d'après elle.

Un premier cas était jugé mardi à Zurich. Star TV et deux annonceurs doivent répondre de violation de l'article 197 du code pénal sur la pornographie. L'accusation réclame des amendes entre 2500 et 5000 francs, estimant que la chaîne de télévision et ses clients savaient très bien que des mineurs pouvaient télécharger les films proposés.

Pour la défense, les médias n'ont pas à contrôler la publicité qu'ils diffusent. Selon l'avocat, c'est aux parents de veiller à ce que regardent leurs enfants à la télévision. Ils devraient s'assurer que leur progéniture n'ait pas libre accès à toutes les chaînes télévisées après minuit. (ats)

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