Actualisé 11.09.2018 à 15:50

Football – Ligue des nations

Challandes: «C'était plus qu'un match»

Le Kosovo a remporté lundi face aux Iles Féroé (2-0) le premier match officiel de son histoire chez lui et devant 13'000 fans. Son sélectionneur raconte.

de
Julien Caloz
Le sélectionneur neuchâtelois du Kosovo a ressenti la pression pour ce match historique.

Le sélectionneur neuchâtelois du Kosovo a ressenti la pression pour ce match historique.

Keystone/AP/Visar Kryeziu

Bernard Challandes, comment fête-t-on les victoires au Kosovo?

C'était assez simple mais très joyeux, très amical et très familial. Ça a été un bon moment. Il y avait de la joie, de la fierté aussi, pour les gens. C'était la première fois que l'on jouait un match officiel au pays, et notre première victoire officielle aussi. Mais la fête a été raisonnable. On n'a pas fait de folie. Je suis rentré à l'hôtel après la rencontre, j'ai bu un verre de vin et je suis allé me coucher. J'étais crevé.

Avez-vous eu l'impression d'entrer dans l'histoire footballistique du pays lundi?

J'ai en tout cas eu l'impression avant le coup d'envoi qu'on allait disputer plus qu'un match de Ligue des nations. J'avais fait abstraction de l'environnement mais à un certain moment, j'ai quand même ressenti un peu plus de pression que d'habitude.

À quel moment?

Le jour précédant la rencontre. Avant, on était en voyage en Azerbaïdjan (ndlr: où le Kosovo a obtenu le nul 0-0) et je ne pensais qu'à ce match. Puis en rentrant au pays, j'ai compris tout l'intérêt que suscitait notre prochaine partie. Les médias étaient très présents. Les politiciens aussi, tout comme les agents des joueurs. La partie s'est finalement disputée devant 13'000 personnes mais si on avait pu en mettre 30'000 dans le stade, on l'aurait fait.

En voyant les équipes de la quatrième division de la Ligue des nations, on se dit que le Kosovo a une vraie carte à jouer, et peut prétendre à une qualification pour l'Euro...

Oui, c'est possible. Je ne l'ai jamais mentionné comme objectif. J'en parle plutôt comme un rêve. Mais comme un rêve pas complètement irréalisable.

Franchement, qui est meilleure que vous?

Justement, c'est ce que j'ai dit aux joueurs: de qui doit-on avoir peur? Il y a de bonnes équipes dans cette ligue D, la Géorgie est sans doute la meilleure, l'Azerbaïdjan est aussi un adversaire, mais personne n'est complètement au-dessus. On peut gagner contre n'importe qui.

Vous disiez en mai dernier que vous étiez en train de construire quelque chose avec le Kosovo mais que vous n'étiez encore qu'à la cave, au niveau des fondations. Voyez-vous la lumière du rez-de-chaussée aujourd'hui ou est-ce encore trop tôt?

Oui. Le fait de pouvoir s'entraîner et jouer dans notre stade, chez nous, où il y a une vraie ferveur, nous a permis de monter d'un étage. Il y aura d'ailleurs encore 13'000 personnes pour notre prochaine rencontre face à Malte. Et puis, dans l'idée de croissance, la fédération nous aide. On a eu un charter pour aller en Azerbaïdjan par exemple. Ça nous a permis de gagner un jour de récupération. Enfin, j'observe que des joueurs talentueux, qui peuvent obtenir la nationalité kosovare, sont de plus en plus intéressés à la demander afin d'évoluer en équipe nationale.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!