Actualisé 27.03.2008 à 21:25

Chantal Sébire s'est suicidée avec des barbituriques

Chantal Sébire s'est suicidée à l'aide de somnifères, a déclaré jeudi le procureur de la République de Dijon. Cette Française atteinte d'une tumeur incurable au visage est décédée le 19 mars dernier à son domicile de Plombières-lès-Dijon.

Jean-Pierre Alacchi a précisé lors d'un point de presse que les examens toxicologiques révélaient la présence de puissants barbituriques dans le corps de cette femme, qui s'était vue refuser par la justice un suicide assisté.

«Il est possible d'affirmer aujourd'hui que Madame Chantal Sébire n'est pas décédée de mort naturelle, ce qui a été démontré par l'autopsie mais par suite l'absortion d'une dose mortelle d'un barbiturique», a-t-il dit.

«Les concentrations observées sont de près de trois fois la dose mortelle de ce produit», a-t-il poursuivi. Jean-Pierre Alacchi a précisé que ce barbiturique était d'origine vétérinaire et qu'il n'était pas disponible en pharmacie.

Euthanasie refusée

L'ancienne institutrice, mère de trois enfants et au visage cruellement défiguré par une tumeur incurable, avait été retrouvée morte à son domicile deux jours après le rejet par la justice française de sa demande d'être euthanasiée par l'un de ses médecins.

Elle souffrait depuis 2002 de l'esthesioneuroblastome, une maladie très rare - 200 cas recensés dans le monde en 20 ans - qui se développe dans la cavité nasale.

Le cas de Chantal Sébire a relancé en France la question de l'euthanasie active légale, pratiquée aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et en Suisse.

En France, une loi de 2005 instaure, dans certains cas, une sorte de droit au «laisser mourir» par l'arrêt de tout traitement, mais ne permet pas aux médecins de pratiquer une euthanasie active. (ats)

Le Pentobarbital, qu’est-ce?

Selon les analyses réalisées, une concentration toxique de Pentobarbital, un barbiturique, a été trouvé dans le sang de Chantal Sébire.

Mais qu’est-ce que le Pentobarbital? Il s’agit d’une substance utilisée notamment par Dignitas et l’association Exit (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), deux organisations privées qui aident les personnes qui veulent mettre fin à leurs jours. Elle doit être prescrite par un médecin. Selon la directive de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), il doit exister une relation étroite entre le médecin qui délivre l’ordonnance et son patient.

Comment Chantal Sébire a-t-elle bien pu se procurer ce produit qui n’est pas délivré dans les pharmacies françaises? «Les conditions dans lesquelles Mme Sébire a pu entrer en possession de ce barbiturique font actuellement l’objet d’une enquête» a indiqué aujourd’hui le Procureur de la République de Dijon Jean-Pierre Alacchi. Chez Dignitas, le fondateur Ludwig A. Minelli n’est pas atteignable aujourd’hui. Personne ne souhaite commenter l’affaire Chantal Sébire. Tout au plus explique-t-on que le Pentobarbital est «le moyen le plus sûr, le plus humain» pour assister un «candidat au suicide».

dbe

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