Carouge (GE): Chantre du social, Partage serait un mauvais boss

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Carouge (GE)Chantre du social, Partage serait un mauvais boss

Des ex-salariés tirent à boulets rouges sur l'association genevoise qui réinsère des chômeurs en fin de droit. Sa direction se défend.

par
tpi
Charger seul ces triporteurs, un supplice pour les lombaires.

Charger seul ces triporteurs, un supplice pour les lombaires.

Des conditions de travail «inacceptables», le tout pour un «salaire de misère». Le Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT) et le parti ¬SolidaritéS se sont entendus, hier, pour dénoncer l'association Partage, lauréate du Prix suisse de l'éthique 2010. Dans leur viseur? Le mandat octroyé en 2009 par Carouge pour la collecte des encombrants dans son centre historique.

Les dix employés concernés, au bénéfice d'un contrat d'Emploi de solidarité (EdS), souffriraient d'un matériel inadapté, d'absence d'infrastructures pour se doucher après le ramassage des ordures et de travail dominical non com¬pensé. Le tout rémunéré 3225 fr. par mois, comme le prévoit la loi sur les EdS. «On les ins¬talle dans une précarité durable, sans perspective d'obtenir un vrai contrat ou une formation», déplore Elodie de Weck, secrétaire au SIT, qui a reçu une quinzaine de plaintes.

Critiques prises en considération

Pire, les 64 salariés de Partage seraient soumis à une pression insoutenable par leur direction. «Il y a de la violence verbale et des menaces de licenciement au cas où on irait solliciter un syndicat», témoigne un ancien collaborateur administratif. Las, plusieurs de ses ex-collègues ont dé­missionné avant l'été.

«Nous rencontrons les mêmes problèmes que toute entreprise», reconnaît Vincent Gall, président de l'association, qui se dit tout de même vexé par ces attaques. Il balaie en revanche fermement les ¬accusations d'insultes et de menaces et enchaîne: «Nous tentons toujours de nous améliorer et entendons les critiques. Nous étudions déjà les solutions con¬cernant les douches.»

Carouge prend acte

Alertée par le SIT, la Cité sarde s’étonne des griefs formulés contre Partage, à qui elle verse 420 000 fr. par an. «L’association a bonne réputation et les Carougeois sont contents du travail effectué, commente le magistrat chargé du dossier, Nicolas Walder. Mais nous allons creuser la question pour nous assurer que les conditions de travail sont bien respectées.» Il rappelle par ailleurs que la voirie de la commune a embauché trois anciens pensionnaires de Partage. L’Etat, qui finance 75% du salaire des EdS, procède à l’évaluation de l’association tous les ans.

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