Italie: Chaos politique autour du nouveau gouvernement
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ItalieChaos politique autour du nouveau gouvernement

Le président italien Giorgio Napolitano a poursuivi jeudi ses consultations politiques pour former un gouvernement de coalition. Ses efforts sont jusqu'à présent sans grand effet.

Les élections parlementaires de février n'ont pas permis de dégager une majorité claire dans chacune des deux chambres du Parlement. Et le Parti démocrate (PD, centre-gauche) de Pier Luigi Bersani ne dispose pas d'une majorité au Sénat, ce qui rend le pays ingouvernable sans le soutien d'autres formations.

Exigences du «Cavaliere»

Jeudi, Silvio Berlusconi a réitéré son exigence de mise en place d'une grande coalition dite «governissimo» associant l'alliance de centre-gauche et son propre bloc de droite sous la direction de M. Bersani. Il a reçu le renfort de sondages mettant au coude à coude le centre-droit et le centre-gauche dans les intentions de vote.

Le «Cavaliere», qui a signé un spectaculaire retour politique à l'occasion des législatives, exige en outre que le futur président de la République soit issu du centre-droit après la fin du mandat de M. Napolitano le 15 mai.

Mais Pier Luigi Bersani, qui devait être reçu jeudi à 18h00 par le chef de l'Etat, a d'ores et déjà opposé une fin de non-recevoir très ferme aux prétentions du «Cavaliere», son principal adversaire depuis son entrée en politique il y a 18 ans. Il a promis de chercher le soutien du Parlement, même en l'absence d'un accord formel de coalition de gouvernement.

Le M5S veut sa part du gâteau

Beppe Grillo, l'ancien comique à la tête du Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui ne se présentait pas personnellement aux élections de février, a de son côté clairement fait savoir que le M5S, sur qui repose l'équilibre au Parlement, ne soutiendrait aucune coalition formée sous la direction d'un parti tiers.

Les dirigeants de ce mouvement ont jugé légitime d'obtenir le fauteuil de chef du gouvernement au vu de son score de fin dévrier qui en fait «la première force politique du pays par le nombre de voix». Beppe Grillo, dont le Mouvement est hostile aux partis traditionnels, a ainsi demandé au chef de l'Etat qu'il l'invite à former un gouvernement, sans préciser qui le dirigerait.

Vito Crimi, président du groupe M5S au Sénat, a indiqué que sa formation avait rejeté explicitement l'hypothèse, largement évoquée dans les journaux transalpins, que le choix de former le futur gouvernement soit confié au nouveau président du Sénat, l'ancien juge antimafia Pietro Grasso (PD), considéré comme un remplaçant possible de Pier Luigi Bersani.

Les «5 Etoiles» ont également soumis leur programme politique à Giorgio Napolitano prévoyant notamment la tenue d'un référendum sur l'appartenance de l'Italie à la zone euro et une série de mesures comme une réforme de la fiscalité et des finances des partis.

Impasse politique périlleuse

Si aucun accord ne se dégage, l'Italie se dirige vers un gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes avant d'affronter de nouvelles élections au plus tôt en juin ou après les vacances d'été, en septembre ou octobre.

Cette impasse politique risque d'accroître les inquiétudes des marchés et des partenaires européens de l'Italie, déjà frappée par une profonde récession, un chômage record et une dette de 2000 milliards d'euros. Elle fait craindre une nouvelle période d'instabilité dans la troisième économie de la zone euro, alors même que Chypre est en proie à la tourmente financière. (ats)

L'Italie relève ses prévisions de déficit et d'endettement

L'Italie a fortement relevé jeudi ses objectifs de déficit et d'endettement pour 2013 et 2014, en disant vouloir injecter des liquidités dans l'économie pour soutenir l'activité.

Le pays augmentera sa dette de 40 milliards d'euros sur ces deux années en réponse à la récession, a précisé Vittorio Grilli, ministre de l'Economie du gouvernement sortant de Mario Monti, qui table désormais sur une contraction de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013. La prévision était jusqu'ici de -0,2%.

Du fait de cette révision et pour permettre le remboursement par l'Etat de dettes commerciales contractées auprès d'entreprises privées, le déficit budgétaire sera finalement de 2,9% du PIB cette année au lieu d'un précédent objectif de 1,8%, a ajouté M. Grilli. L'an dernier, le déficit était ressorti à 3,0% du PIB, niveau qui correspond à la limite fixée par l'Union européenne.

«Nous augmenterons la dette de 20 milliards d'euros en 2013 et de 20 milliards d'euros en 2014», a déclaré Vittorio Grilli lors d'une conférence de presse. Il a dit espérer que cette injection de liquidités aide la reprise économique et limite ainsi une aggravation potentielle de l'endettement rapporté au PIB, qui a atteint l'an dernier un niveau historique de 127%, le deuxième ratio le plus élevé de la zone euro après celui de la Grèce.

Le ministre n'a pas dévoilé de nouvel objectif d'endettement de 2013 pour remplacer la prévision actuelle de 126,1%.

Décision vendredi

Le président italien Giorgio Napolitano a indiqué qu'il annoncerait sa décision sur la formation d'un gouvernement vendredi, à l'issue de deux jours de consultations avec les partis politiques achevées jeudi soir.

«Demain, je présenterai et motiverai mes décisions», a brièvement déclaré à la presse le président de la République, après avoir reçu l'ensemble des formations politiques, dans le but de constituer un gouvernement, alors qu'aucune d'entre elles n'a obtenu une majorité claire au Parlement.

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