Genève: «Chaque matin, on a la boule au ventre»
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Genève«Chaque matin, on a la boule au ventre»

Des employés d'une société de bureaux de change à l'aéroport ont dénoncé mercredi leurs conditions de travail. Plusieurs d'entre eux ont été licenciés. Leur syndicat veut saisir la justice.

par
Léonard Boissonnas
Les salariés travaillent sous pression.

Les salariés travaillent sous pression.

photo: Kein Anbieter/Lucien Fortunati/tdg

«Chaque matin, on a la boule au ventre, on se demande qui sera le prochain», raconte un employé de Global Exchange. Plusieurs d'entre eux ont déploré mercredi la péjoration de leurs conditions de travail. La société espagnole a repris les activités des trois bureaux de change d'American Express à l'aéroport en décembre dernier, lors du renouvellement de concession. Depuis, onze des 47 salariés de l'entreprise ont été remerciés, dont au moins six en mars. Cela constitue un licenciement collectif, selon le syndicat SSP, qui compte saisir les prud'hommes.

Employés et syndicat évoquent des cas de sous-enchères salariales et d'importantes disparités en matière de rémunération: certains toucheraient 20% en moins que d'autres pour le même travail. Mais ce n'est pas tout: surveillance vidéo, interdiction d'échanger entre collègues, absence de formation spécifique, négation des droits syndicaux: les motifs de courroux sont nombreux parmi le personnel. Ce dernier ajoute qu'à cause de nouvelles procédures, les files d'attente aux guichets s'allongent. Les clients feraient part d'un mécontentement grandissant, selon les salariés.

Genève Aéroport indique n'être pas au courant de cette affaire, mais compte suivre ce dossier. Le cas échéant, il pourrait contacter l'autorité compétente en la matière, à savoir l'office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT). Global Exchange n'était pas en mesure de répondre à nos sollicitations mercredi.

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