Education: Chaque personne sans formation coûte 10 000 francs
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EducationChaque personne sans formation coûte 10 000 francs

Chaque personne sans formation coûte 10 000 francs à la collectivité.

Pour éviter cette charge désormais documentée par une étude, Travail.Suisse demande aux pouvoirs publics d'investir dans la formation non seulement des jeunes mais aussi des adultes.

La population qui n'a fréquenté que l'école obligatoire accroît les dépenses sociales et prive la collectivité de cotisations sociales et de rentrées fiscales supplémentaires, a expliqué mardi l'organisation syndicale en présentant à la presse les résultats d'une étude effectuée par le bureau BASS. Ce coût se situe en moyenne entre 8069 et 11 201 francs.

«Les résultats de l'étude nous contraignent à repenser la formation dans au moins deux domaines», a dit Martin Flügel, président de Travail.Suisse devant la presse à Berne. Il vaut ainsi la peine de se former à tout âge et pas seulement quand on est jeune.

Gain à long terme

Si on offrait par exemple à un travailleur de 45 ans cette chance de rattraper une formation du degré secondaire II, les pouvoirs publics économiseraient 200 000 francs jusqu'à sa retraite. Même si l'on compte les coûts de formation, très variables, la collectivité y est gagnante à long terme.

Sur le plan humain également, «mieux vaut apprendre à quelqu'un à pêcher plutôt que lui donner du poisson», a imagé la conseillère nationale Josiane Aubert (PS/VD), vice-présidente de Travail.Suisse. C'est plus gratifiant.

L'accent doit être mis sur la formation des personnes non qualifiées se trouvant au chômage. Or c'est l'inverse aujourd'hui: deux tiers de celles qui suivent une formation continue sont déjà formées au niveau tertiaire, a précisé Mme Aubert.

Former avant d'intégrer

«Face à une personne non formée, un conseiller ORP et un assistant social ne devraient pas avoir pour priorité de chercher à s'en débarrasser aussi vite que possible sur le marché du travail, mais de lui permettre d'accomplir une formation professionnelle», relève M. Flügel. Durant tout ce processus, le chômeur doit être libéré de la recherche d'emploi et percevoir normalement son indemnité journalière.

Les compétences professionnelles de chacun devront être prises en compte, quelque soit la manière dont elles ont été acquises. Ainsi des adultes sans formation de base pourront se faire valider leur expérience de travail acquises durant plusieurs années et obtenir plus facilement un diplôme, a précisé Matthias Kuert Killer, responsable de la politique sociale du syndicat.

Chance de la crise

Avec la crise, le chômage va continuer à croître ces deux prochaines années, a relevé Martin Flügel. Plutôt que d'augmenter la pression sur les concernés pour qu'ils s'intègrent coûte que coûte sur le marché du travail, l'assurance chômage et l'aide sociale devraient profiter de l'occasion pour permettre aux personnes non qualifiées d'accomplir une formation de base.

Cela préviendrait la pauvreté future grâce à des salaires plus élevés (1500 francs en moyenne), relèverait le niveau de formation général et donc augmenterait le potentiel de productivité de l'économie suisse. Le tout en évitant d'importantes charges à la collectivité, a noté M. Flügel.

(ats)

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