Valais: Chaque semaine, un enfant fugue de chez lui
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ValaisChaque semaine, un enfant fugue de chez lui

Le Valais compte plus de 1000 fugues d'enfants en 3 ans. Deux étudiants ont analysé les statistiques, et le profil du fugueur se précise.

par
rmf
La majorité des fugues se passent dans un foyer, et sont le fait de «récidivistes».

La majorité des fugues se passent dans un foyer, et sont le fait de «récidivistes».

Sue Barr

Entre 2014 et 2016 en Valais, 1'074 fugues ont été inscrites dans les registres. Cela signifie, en moyenne, qu'il y a en permanence 7 fugueurs signalés disparus.

Pour mieux comprendre le phénomène, deux étudiants en travail social à la HES-SO Valais ont analysé ces données dans le cadre de leur travail de bachelor. Grâce à eux, le profil du jeune fugueur se précise. «Ça fait longtemps que nous réclamons des statistiques nationales pour mieux les qualifier et les comprendre», explique Guillaume Grand, de la Fondation Sarah Oberson, qui a mandaté l'école. «C'est un pas dans la bonne direction.»

La recherche menée par les deux jeunes permet donc de savoir que 80% des fugues se déroulent en foyer d'accueil, où en moyenne un jeune est signalé disparu toutes les 30 heures. Dans les domiciles familiaux, c'est une par semaine. La durée moyenne d'un épisode est d'environ une semaine et augmente avec l'âge, passant de 4 jours pour les 12-13 ans à 9 jours vers 17 ans. 6% des fuites dureront plus d'un mois.

Le profil des enfants en crise se précise aussi. Leur âge médian est de 15 ans, et ils ont très rarement moins de 12 ans. 60% d'entre eux sont des garçons, qui s'enfuient particulièrement depuis les foyers, alors que les filles sont quatre fois plus nombreuses à fuguer d'un hôpital. Dans la grande majorité des cas, des enfants «récidivistes» sont à l'origine de la situation. Cependant, près de la moitié des jeunes ne fuira qu'une seule fois.

«Ces précisions vont se révéler très utiles pour planifier la prévention et mettre en place des mesures, se réjouit Guillaume Grand. On a maintenant un outil cantonal, et nous espérons qu'il essaimera au niveau national.»

Ailleurs en Suisse

Alors que Fribourg connaît une légère hausse des disparitions de mineurs ces dernières années, Genève relève entre 800 et 1000 fuites par année, une tendance qui reste stable. Le retour du jeune se fait parfois attendre jusqu'à plusieurs semaines, par exemple lorsqu'il a traversé la frontière. Au bout du lac, les filles sont plus nombreuses à fuguer que les garçons, et les récidives représentent deux tiers des cas. Dans le canton de Vaud, on estime même que 80% des mineurs récidivent, ce qui peut gonfler les chiffres. Chaque année, près de 1500 fuites y sont annoncées.

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