Actualisé 25.11.2019 à 17:31

Harcèlement de rue à Lausanne

«Chaque victime peut désormais être aidée»

La Ville lance son propre service de signalement des cas de harcèlement de rue. L'idée est de réagir à partir de cas concrets.

de
Francesco Brienza

Le harcèlement de rue a tendance à être sous-estimé car il n'est que très rarement rapporté. Pourtant, plus de deux jeunes femmes sur trois indiquaient en avoir été victimes dans la capitale vaudoise en 2016. C'est pour inverser cette tendance que la Ville de Lausanne a lancé son propre service de signalement des cas. «Les victimes ou les témoins peuvent désormais raconter directement aux autorités ce qu'ils ont vécu ou vu, où et à quelle heure, explique Pierre-Antoine Hildbrand, conseiller municipal à la tête de la sécurité et de l'économie. L'idée est d'améliorer la connaissance des lieux problématiques et d'orienter les victimes et des témoins. Désormais, chacun peut être aidé.»

Complémentaire à EyesUp

La prestation est disponible dès ce lundi sur l'application officielle de la Ville et sur son site internet. Attention: elle ne se substitue pas au service de police. Elle sert de base de travail pour accroître les compétences et la vigilance des principaux acteurs concernés que sont les patrons de bars, les chauffeurs de bus, et bien sûr les policiers. «Nous n'allons pas publier une carte des points chauds de la Ville, prévient Pierre-Antoine Hildbrand. Les résultats seront réservés à l'usage interne.» Ils compléteront le service d'EyesUp, une application romande lancée par des acteurs privés en juin 2019 et qui a une vocation plus statistique.

Professionnelle engagée pour traiter les cas

Concrètement, en dix questions, l'utilisateur est amené à décrire le harcèlement. Regards insistants, attouchements, remarques ou insultes: les actes dérangeants sont classifiés. Pareil pour les lieux. L'auteur a-t-il agi seul ou en bande? Autant d'aspects qui seront traités individuellement par une professionnelle de la sécurité, embauchée en septembre exprès pour cette mission. Ancienne correspondante de nuit, elle est rattachée à l'Observatoire de la sécurité. Elle pourra, si l'utilisateur le souhaite, le contacter directement pour approfondir les questions. Nous avons sollicité une interview avec la spécialiste mais sa hiérarchie a refusé. D'une part parce qu'elle n'a pas encore vraiment commencé sa mission, mais aussi pour garder la main sur la communication dans ce dossier politiquement sensible et électoralement intéressant.

Le développement de la prestation a coûté 78'000 francs. Le projet va durer deux ans. Un bilan sera réalisé par des experts indépendants.

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