Vaud: Chassé par ici, le deal réapparaît par là-bas
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VaudChassé par ici, le deal réapparaît par là-bas

Le trafic de drogue dans les rues de Bex à disparu grâce à des opérations policières. Mais le problème se déplace constamment.

par
Mirko Martino

Découvrez notre reportage vidéo à Bex (VD).

«Avant, il y avait une alignée de dealers dans les rues. Aujourd'hui, il n'y en a plus un seul.» Maria Teixeira est satisfaite. Et à l'instar de cette kiosquière, c'est toute la population de Bex qui est soulagée. Depuis plus d'une décennie, la Cité du sel était confrontée quotidiennement à des vendeurs de drogue. Mais la situation s'était empirée ces dernières années, avec la présence de 35 dealers, au point de susciter de vives réactions de la part des habitants, jusqu'à ce que la Municipalité réagisse en faisant appel au Canton. Lundi, elle dressait un bilan des actions menées.

«J'ai été contactée par les autorités bellerines, mais j'ai également été interpellée par un certain nombre de courriers de citoyens mécontents, explique Béatrice Métraux, cheffe du Département cantonal des institutions et de la sécurité. Nous nous sommes coordonnés avec la Municipalité de Bex pour monter une opération afin de tranquilliser les rues et les environs de la gare.»

Des opérations initiées en janvier 2015

Dans les faits, la police cantonale vaudoise a prêté main forte à la police du Chablais (EPOC) pour des surveillances particulières et des opérations ciblées dès le 6 janvier 2015, notamment avec des chiens. «Très vite, les dealers ont été perturbés dans leurs activités, commençant même à se battre entre eux. Ils ont alors tenté de se déplacer à Aigle, mais là aussi nous avons vite réagi», indique Claude Ruchet, commandant ad interim de l'EPOC.

«Les vendeurs arrivaient en train le matin et repartaient le soir, souligne Daniel Hediger, le municipal bellerin en charge du dossier. Ils n'avaient donc aucun lien avec le fait que notre commune abrite depuis longtemps des structures de l'EVAM (ndlr: Etablissement vaudois pour l'accueil des migrants). Même chose pour les acheteurs. Ils tournaient souvent en voiture dans les rues de Bex, puis repartaient. Plus de 90% d'entre eux étaient Valaisans.»

Même si la situation dans la localité chablaisienne est réjouissante, le bilan sur l'ensemble du canton demeure clair obscur pour Jacques Antenen, commandant de la police vaudoise. «Nous avons pu coordonner nos efforts pour éliminer la visibilité du deal de rue à Bex. Mais quand on chasse le trafic quelque part, il réapparaît ailleurs: soit dans des appartements, soit dans d'autres villes.» Des opérations similaires ont déjà été menées à Nyon et à Gland. D'autres sont entreprises actuellement à Yverdon-les-Bains.

L'interview de Béatrice Métraux, cheffe du Département cantonal des institutions et de la sécurité:

Interview de Béatrice Métraux à Bex (VD)

Le trafic de drogue dans les rues de Bex à disparu grâce à des opérations policières. Mais le problème se déplace constamment.

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