Chauffeurs routiers italiens toujours en grève
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Chauffeurs routiers italiens toujours en grève

Les chauffeurs routiers italiens défient Rome: ils ont poursuivi leur grève mercredi alors que le gouvernement leur avait ordonné de reprendre le travail.

Axes autoroutiers et frontières étaient bloqués dans le cadre de ce mouvement de protestation, qui ralentissait la bonne marche d'entreprises, mettait les stations essence au régime sec et provoquait des pénuries de denrées alimentaires à travers le pays.

Les autorités avaient donné l'ordre aux routiers de mettre fin à la grève mardi à minuit, et ce, à la suite du départ d'une réunion de leurs représentants syndicaux avec le ministre des Transports Alessandro Bianchi.

Mais au troisième jour d'un mouvement qui en compte cinq, les chauffeurs n'ont montré aucun signe de relâchement, continuant à protester contre les prix des carburants élevés, les longues heures de travail et la compétition étrangère.

De nouvelles discussions avec les organisations syndicales étaient prévues mercredi après-midi, selon le ministère des Transports.

Les chauffeurs pourraient écoper d'une amende et se voir retirer leur permis. Ceux qui bloquent les ports et les péages des autoroutes risquent des peines allant jusqu'à quatre ans d'emprisonnement, a précisé le ministère.

Malgré ces menaces, des milliers de poids lourds continuaient de bloquer les autoroutes mercredi.

Le mouvement de protestation a laissé vides nombre de rayonnages de supermarchés, qui viennent à manquer de denrées périssables et ne reçoivent pas la livraison de nouveaux stocks de marchandises.

«Ce n'est pas bien. Ils n'ont pas de fruits, pas de légumes et pas de lait», déplorait Giovanna Passo, qui faisait ses courses dans un magasin du centre de Rome. «C'est un désastre pour mes enfants».

Nombre de stations-essence en Italie manquent déjà de carburant. A Rome, les quelques pompes fonctionnant encore attiraient nombre d'automobilistes, qui formaient de longues files d'attente et généraient davantage de difficultés de circulation.

La grève, qui doit durer jusqu'à vendredi, a également contraint le constructeur automobile Fiat à mettre au chômage des milliers de salariés en raison d'un manque de fournitures dans les usines.

Le lobby Coldiretti a pour sa part déclaré que les exploitants agricoles perdaient environ 50 millions d'euros chaque jour, tandis que Federalimentare, un lobby de l'industrie alimentaire, a estimé les pertes quotidiennes à 210 millions d'euros.

L'association des distributeurs pharmaceutiques a quant à elle prévenu d'une pénurie de médicaments en cas de poursuite de la grève.

Si la totalité des syndicats des routiers ne participent pas au mouvement, les opérations de blocage des autoroutes affectent tous les chauffeurs, y compris les étrangers.

Le président du Conseil italien Romano Prodi a estimé à la télévision publique que ces actions sur les autoroutes étaient une «violation inadmissible de la liberté des citoyens».

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