Dangereux détenu en fuite: Chauves à lunettes, prenez garde!
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Dangereux détenu en fuiteChauves à lunettes, prenez garde!

La diffusion du portrait du fugitif dans les médias suisses fait ses premières victimes. Des passagers de transports publics ont été interpellés mercredi à Genève et en Valais.

par
Mathieu Coutaz

Les polices genevoises et valaisannes ont interpellés mercredi en début d'après midi deux individus qui avaient le malheur de correspondre au profil du fugitif de la prison de Gorgier (NE), en cavale depuis lundi. A 13h10, suite à une altercation entre des passagers d'un bus qui croyaient être en présence du dangereux détenu, la police genevoise intercepte un homme et l'en extrait les mains menottées dans le dos dans la rue des Pâquis.

«En tout, j'ai vu quatre voitures de police. Les policiers sont entrés dans le bus n°1 avec la main sur leur arme. Les passagers semblaient choqués», détaille notre témoin. 30 minutes plus tard, la police nous confirmait qu'il s'agissait d'une erreur et que l'homme avait été relâché.

Moins d'une heure après, un Lausannois de retour de randonnée en Valais a vécu une mésaventure similaire dans le val d'Hérens. Le bus postal qui le ramenait à Sion est intercepté par la police valaisanne dans le village de Vex. Selon ses dires, le Vaudois, est prié de descendre du bus sans en connaître la raison. On le fouille avant de lui expliquer les raisons de ce contrôle. Après vérifications et excuses d'usage, le cinquantenaire est ramené à la gare de Sion. «J'ai les yeux bleus, je ne suis pas athlétique, je ne porte pas de lunettes. Si les policiers avaient une photo du fugitif avec eux, ils n'auraient pas eu besoin de m'infliger tout ça», regrette le Lausannois.

Le commandant de la police jurassienne Olivier Guéniat voit là des «dommages collatéraux» contre lesquels «on ne peut rien faire». «Face à un fugitif très dangereux, les contrôles d'identité peuvent être musclés». Le commandant reconnaît qu'en 20 ans de pratique la police s'est trompée quelques fois. «Mais j'essaie d'aller au contact avec ces personnes pour leur expliquer notre démarche, s'excuser voire offrir un dédommagement sous forme de fleurs ou d'un repas», explique-t-il. Et d'insister sur un point : «Les personnes qui pensent être en présence d'un fugitif ne doivent en aucun cas tenter d'intervenir.»

Toujours en fuite

Le commandant de la police cantonale neuchâteloise André Duvillard a expliqué que les policiers ont cherché la trace du fugitif au sein de sa famille, ainsi qu'auprès d'anciens co-détenus. Mais sans succès pour le moment. L'homme, qui a passé plus de 40 ans en prison, a pu quitter la Suisse. «Il peut se trouver n'importe où».

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