Faune - Chauves-souris en détresse à cause du mauvais temps
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FauneChauves-souris en détresse à cause du mauvais temps

Avec les fortes pluies, le centre de soins d’urgence du zoo de Zurich a accueilli de nombreuses jeunes chauves-souris pour les soigner avant de les relâcher.

Le zoo de Zurich lance un cri d’alarme en faveur des chauves-souris. «En raison des pluies intenses de ces dernières semaines, de nombreux jeunes sont nés à un moment inopportun», explique un communiqué du parc animalier. «Leurs mères trouvent trop peu de nourriture pour produire suffisamment de lait pour leurs petits. Par conséquent, nombre d’entre elles doivent les abandonner.»

Cest là que la Stiftung Fledermausschutz (Fondation pour la protection des chauves-souris), la Zürcher Tierschutz (Protection des animaux de Zurich) et, donc, le zoo de Zurich viennent à la rescousse, avec leur station de soins durgence.

Trois cents animaux par année

Chaque année, léquipe de ce centre soccupe de 300 animaux et traite plus de 3000 appels à laide, 24 heures sur 24. Elle accueille des chauves-souris blessées, orphelines ou épuisées, et le centre est actuellement plus rempli que jamais.

Sous la supervision dun vétérinaire et dun gardien danimaux, les bêtes sont confiées à des soigneurs qualifiés. Après une formation au vol réussie, les animaux en bonne santé peuvent à nouveau quitter la station et être relâchés dans la nature.

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Une chauve-souris et son petit ont été recueillis par le centre de soins du zoo de Zurich.

Une chauve-souris et son petit ont été recueillis par le centre de soins du zoo de Zurich.

Zoo Zürich, Nicole Schnyder
La station de soins d’urgence accueille des chauves-souris blessées, orphelines ou épuisées.

La station de soins durgence accueille des chauves-souris blessées, orphelines ou épuisées.

Zoo Zürich, Nicole Schnyder
Les chauves-souris sont confiées à des soigneurs qualifiés.

Les chauves-souris sont confiées à des soigneurs qualifiés.

Zoo Zürich, Nicole Schnyder

Dans 19 cantons

Depuis 1998, le zoo de Zurich soutient la Fondation pour la protection des chauves-souris, qui en coordonne la protection dans 19 cantons, avec le soutien de la Confédération. Outre lexploitation conjointe de la station de soins durgence sur son terrain, le zoo de Zurich soutient également dautres projets de protection des chauves-souris.

En collaboration avec la fondation, il sengage par exemple à préserver les gîtes connus du seul mammifère volant activement, dans les clochers des églises, les vieux toits ou les arbres creux. En outre, la fondation installe des boîtes à chauve-souris dans des endroits appropriés, afin de leur fournir un abri supplémentaire.

Pollution lumineuse néfaste

C’est que depuis le milieu du XXe siècle, la population de chauves-souris en Suisse a fortement diminué. Leurs abris se font de plus en plus rares, en raison de la rénovation des greniers ou du manque de vieux bois dans la forêt. Dans les couloirs de vol entre leur gîte et leurs terrains de chasse, elles souffrent également de la pollution lumineuse, de létalement urbain dû aux routes et de la pollution sonore.

Et sur les terrains de chasse, les insectes, leur proie préférée, disparaissent de plus en plus, en raison de lintensification de lagriculture, des pesticides et de lassèchement des zones humides.

Mâles en solo, femelles en colonie

En Suisse, les chauves-souris constituent le groupe de mammifères le plus riche, avec trente espèces. Et plus de 1400 espèces sont décrites dans le monde. Et alors que les mâles de la plupart des espèces vivent en solitaire, les femelles forment en été ce que lon appelle des perchoirs hebdomadaires (colonies dans lesquelles les jeunes sont élevés), abritant jusquà 1000 animaux, selon lespèce.

Enfin, conclut le zoo de Zurich, en hiver, toutes les chauves-souris indigènes hibernent. Ce faisant, elles réduisent considérablement leur métabolisme énergétique. Par exemple, en diminuant leur rythme cardiaque de 1100 pulsations en vol à quelques dizaines par minute. Et elles peuvent atteindre un âge proche de 40 ans.

Virus pas transmis directement

De nombreux animaux sauvages peuvent transmettre des maladies à lhomme. Il sagit notamment de la grippe porcine, de la grippe aviaire, du Mers, du Sras et du Covid-19. Les chauves-souris sont considérées comme un «réservoir» pour un grand nombre de virus, explique le zoo de Zurich dans son communiqué. En fait, des chercheurs, en collaboration avec la Fondation pour la protection des chauves-souris, ont découvert de nombreux virus différents chez nos spécimens indigènes. Cependant, le Sras-CoV-2 nen fait pas partie.

En général, un virus a de toute façon besoin dun hôte intermédiaire et ne peut être transmis directement dune chauve-souris à un être humain. Cest également le cas dun virus similaire au Sras-CoV-2, qui a été découvert chez une espèce de chauve-souris chinoise. En principe, il faut toutefois éviter tout contact direct avec les chauves-souris, car elles peuvent, comme tous les animaux sauvages, transmettre des maladies.

(COMM / FTR)

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