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Chavez rejoint un rassemblement «anti-impérialiste» en Argentine

Buenos Aires - Hugo Chavez a rejoint 20 000 personnes rassemblées vendredi soir dans un stade de football de Buenos Aires pour protester contre la tournée sud-américaine de George W. Bush.

«Rentre chez toi Gringo!», a lancé Hugo Chavez sous les applaudissements de la foule, avant d'enfiler un tee-shirt rouge, symbole de la révolution socialiste dont il est le principal avocat sur le continent.

«Le président américain est aujourd'hui un vrai cadavre politique, et maintenant il ne sent même plus le soufre», a déclaré le dirigeant vénézuélien, faisant référence à la reprise du Congrès américain par les adversaires démocrates de M. Bush, mais aussi au sobriquet de «diable» dont il affuble souvent le chef de la Maison Blanche.

«Ce qu'exsude maintenant le petit monsieur du Nord est l'odeur de mort politique, et dans un très petit moment il sera transformé en poussière cosmique et disparaîtra de la scène», a poursuivi Hugo Chavez.

Il a ajouté qu'il n'était pas venu pour «saboter» la tournée de George W. Bush, précisant qu'il s'agissait d'une coïncidence -alors même que le président des Etats-Unis atterrissait en Uruguay, à quelques dizaines de kilomètres de là, pour y effectuer une visite de 36 heures.

«Cet acte a été organisé pour dire 'non!' à la présence du chef de l'empire sur ces terres héroïques de notre Amérique, sur les terres héroïques de l'Amérique du sud», a poursuivi Hugo Chavez. «L'Amérique du Nord pour les Américains du Nord, l'Amérique du Sud pour les Américains du Sud. Ceci est notre Amérique», a-t-il renchéri, sous une grand panneau où l'on pouvait lire «Bush et l'Impérialisme, dehors!», «Oui à l'unité latino-américaine!».

De l'autre côté du Rio de la Plata, quelques manifestants anti-américains se sont heurtés à des badauds dans la capitale uruguayenne, Montevideo, avant de briser les fenêtres d'un établissement de restauration rapide américain. Les incidents se sont produits alors que M. Bush se trouvait dans l'avion qui l'emmenait en Uruguay, deuxième étape de sa tournée de six jours en Amérique latine, qui a débuté jeudi à Sao Paulo, au Brésil.

On ne signalait aucun blessé à Montevideo, mais les incidents soulignaient la tension alors que le premier président de gauche uruguayen, Tabare Vazquez, devait recevoir M. Bush samedi.

Jeudi, 6 000 personnes avaient manifesté à Sao Paulo. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, et les affrontements ont fait 18 blessés selon la presse brésilienne, bilan non confirmé par les autorités.

La tournée du président Bush est destinée à montrer le regain d'intérêt des Etats-Unis pour une ancienne zone d'influence penchant de plus en plus à gauche. Lors de ses étapes au Brésil, en Uruguay, Colombie, au Guatemala et au Mexique, il doit mettre l'accent sur le renforcement des liens commerciaux, la lutte antidrogue et les biocarburants, sur lesquels il a signé un accord de coopération vendredi avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. (ap)

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