Actualisé 14.10.2015 à 08:19

Jérusalem

Checkpoints autour des quartiers palestiniens

Israël a autorisé la police à boucler les zones arabes de Jérusalem. Des points de contrôle ont été installés aux abords de ces quartiers.

Des points de contrôle ont été installés à Jérusalem.

Israël a commencé mercredi à installer des postes de contrôle aux accès des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est au lendemain de la plus grave série d'attentats récents contre des Israéliens, a annoncé la police.

«La police est en train d'installer des postes de contrôle aux sorties des villages et des quartiers de Jérusalem-Est», partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Cette mesure est l'une des dispositions annoncées dans la nuit par le gouvernement israélien en réaction au nouveau cap franchi par les violences entre Palestiniens et Israéliens. Trois Israéliens ont été tués et de nombreux autres blessés mardi à Jérusalem dans une attaque à la voiture bélier et dans le premier attentat à l'arme à feu dans un bus depuis le début de l'escalade le 1er octobre.

Les trois auteurs des attentats venaient de Jérusalem-Est comme la plupart des auteurs des attaques récentes.

La mise en place de postes de contrôle à Jérusalem-Est a ajouté par le passé au ressentiment des Palestiniens, dont elle compliquait considérablement la vie et les déplacements, par exemple ceux des enfants se rendant à l'école.

«Boucler ou imposer un couvre-feu»

Mardi soir, un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu expliquait que la police pourrait «boucler ou imposer un couvre-feu sur les quartiers de Jérusalem en cas de frictions ou d'incitations à la violence». Le cabinet dit souhaiter renforcer la lutte contre l'escalade des violences palestiniennes, qui a franchi un nouveau palier mardi avec la mort de trois Israéliens dans deux attentats.

«Le cabinet a notamment autorisé qu'en plus de la démolition des maisons des terroristes, aucune construction nouvelle ne sera permise sur le site en question, que les propriétés des terroristes seront confisquées et que le permis de résident en Israël sera révoqué», poursuit le communiqué.

Par ailleurs, les ministres réunis autour de Benjamin Netanyahu ont donné leur accord pour «renforcer le nombre de policiers ainsi que pour adjoindre des soldats à la sécurité en Israël, notamment le long de la barrière de sécurité», selon ce communiqué.

Le cabinet de sécurité doit se réunir à nouveau mercredi pour décider d'autres mesures, notamment contre «l'incitation à la violence».

Promesse de Netanyahu

Netanyahu avait sous-entendu mardi qu'il allait employer la manière forte face aux violences palestiniennes. «Nous utiliserons tous les moyens en notre possession pour ramener le calme», avait-il déclaré.

Le gouvernement «va décider aujourd'hui même de moyens supplémentaires forts» qui «prendront effet sur le terrain le plus rapidement possible», avait annoncé le Premier ministre devant le Parlement.

Dans la matinée, deux Palestiniens ont semé la terreur en ouvrant le feu dans un autobus de Jérusalem-Est, faisant deux morts et plusieurs blessés.

Il s'agit de la première attaque à l'arme à feu à Jérusalem depuis le début de la flambée de violences le 1er octobre - déclenchée avec l'assassinat de deux colons - qui a fait sept morts parmi les Israéliens et une trentaine chez les Palestiniens, dont plusieurs auteurs d'attentats. Une attaque concomitante à la voiture-bélier et au couteau a fait un mort israélien à Jérusalem-Ouest.

Eloigner du «précipice»

Les événements en cours à Jérusalem prennent à nouveau une tournure inquiétante pour la communauté internationale. John Kerry a déclaré mardi qu'il essayait d'oeuvrer en faveur d'un apaisement entre Israéliens et Palestiniens et qu'il se rendrait prochainement dans la région pour éloigner les deux camps du «précipice».

«J'irai là-bas bientôt, au moment approprié, pour essayer de faire en sorte que le dialogue soit renoué», a poursuivi le secrétaire d'Etat américain lors d'une intervention au Belfer Center, le centre de recherches et d'enseignement sur les affaires diplomatiques de la Kennedy School à l'université de Harvard.

De son côté, l'organisation islamiste Hamas a salué des «opérations héroïques», estimant que «l'intifada s'intensifie», a déclaré son porte-parole Sami Abou Zouhri. (ats/afp)

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