Attaque en France: Chef d'entreprise décapité dans un attentat

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Attaque en FranceChef d'entreprise décapité dans un attentat

Un chef d'entreprise décapité, des drapeaux islamistes et une explosion: un attentat a été commis vendredi sur un site de gaz industriels en Isère, près de Lyon, moins de six mois après le choc des attentats de Paris.

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23.12 En France, l'administration pénitentiaire a annoncé la mort de Yassin Salhi, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2015. Il aurait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne.

23.12 En France, l'administration pénitentiaire a annoncé la mort de Yassin Salhi, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2015. Il aurait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne.

07.07 Frédéric Jean Salvi, alias le Grand Ali, qui a fréquenté Yassin Sahli à l'époque où il vivait à Pontarlier, a condamné l'attentat commis par ce dernier à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Il vit à Leicester, dans le centre de l'Angleterre, avec sa femme et ses cinq enfants. On le voit ici dans une image du «Daily Mirror»

07.07 Frédéric Jean Salvi, alias le Grand Ali, qui a fréquenté Yassin Sahli à l'époque où il vivait à Pontarlier, a condamné l'attentat commis par ce dernier à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Il vit à Leicester, dans le centre de l'Angleterre, avec sa femme et ses cinq enfants. On le voit ici dans une image du «Daily Mirror»

05.07 Le visage du terroriste présumé de l'Isère, Yassin Salhi. Un documment publié par M6.

05.07 Le visage du terroriste présumé de l'Isère, Yassin Salhi. Un documment publié par M6.

twitter.com/m6info

Fiché par le renseignement français, Yassine Salhi, l'auteur présumé, a été arrêté. Il s'agit de l'employé du patron tué. Pour l'instant, il n'y a pas d'indice que le suspect était accompagné.

C'est la première fois qu'un homme est décapité en France lors d'une attaque, terroriste ou non. Cette pratique rappelle forcément celle utilisée en Syrie et en Irak par le groupe Etat islamique (EI).

L'attaque n'a pas fait de blessés, selon un dernier bilan. Elle est survenue vers 10h00 dans une unité du groupe américain Air Products - fournisseur de gaz et de produits chimiques - située dans une vaste zone logistique de Saint-Quentin-Fallavier, entre Lyon et Bourgoin-Jallieu, non loin de l'aéroport Saint-Exupéry.

Dans un véhicule de livraison

Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect aurait pénétré sur le site industriel, classé Seveso (sensible), dans une voiture bénéficiant d'une autorisation, à savoir le véhicule de son patron qui devait effectuer une livraison. Il a d'abord foncé sur des bonbonnes de gaz stockées en masse sur les lieux, provoquant une explosion, dont il a réchappé.

Il a alors ensuite tenté d'amorcer une autre explosion - qui aurait pu être bien plus dévastatrice - quand deux pompiers sont intervenus et l'un d'eux l'a maîtrisé. Dans la lutte, l'auteur présumé a été légèrement blessé.

Les gendarmes ont ensuite découvert à l'intérieur de l'usine le corps «abjectement décapité» du chef d'entreprise, selon les mots du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu sur les lieux. Puis ils sont tombés sur sa tête, accrochée au grillage d'enceinte, entourée de deux drapeaux islamistes, signe apparent d'une mise en scène. La victime aurait été tuée avant l'entrée du véhicule dans l'enceinte.

Aucun des salariés du site n'a sinon été blessé. Mais certains ont été choqués et une assistance psychologique a été mise en place.

Lien avec la «mouvance salafiste»

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Fraîchement arrivé dans la région lyonnaise en provenance de l'est de la France, le tueur présumé, 35 ans, avait été fiché en 2006 par les services de renseignements pour «radicalisation».

Il était «en lien avec la mouvance salafiste», qui regroupe les musulmans sunnites radicaux, selon M. Cazeneuve. Cette fiche n'avait pas été renouvelée en 2008 et il n'avait pas de casier judiciaire.

Trois autres personnes ont été interpellées durant la journée: la femme et la soeur du suspect, qui résidaient en famille à Saint-Priest dans la banlieue lyonnaise, et le propriétaire d'un véhicule repéré à proximité du site, finalement relâché.

Peu auparavant, l'épouse avait raconté, affolée, sur la radio Europe 1, que son mari, livreur, était parti normalement au travail en début de journée. «On est des musulmans normaux, on fait le ramadan. Normal. On a trois enfants, une vie de famille normale», avait-elle affirmé.

Hollande quitte Bruxelles

Cette nouvelle attaque «de nature terroriste», selon le président François Hollande, intervient moins de six mois après les attentats de janvier à Paris, qui avaient fait 17 morts. Le président de la République, qui participait à un sommet européen à Bruxelles, l'a écourté pour venir présider un conseil restreint à 15h30 dans la capitale.

Le premier ministre Manuel Valls, depuis l'Amérique du Sud, a ordonné une «vigilance renforcée» sur tous les sites sensibles de la région Rhône-Alpes, avant d'écourter lui aussi son voyage. Le plan Vigipirate a finalement été porté à son niveau maximal pour trois jours dans cette région.

Depuis janvier, le gouvernement a mis en place un drastique plan de vigilance antiterroriste dans les lieux publics. L'attentat de l'Isère survient alors que les autorités redoutaient de nouveaux actes de terrorisme, en particulier après l'arrestation en avril d'un étudiant algérien soupçonné d'un projet d'attaque contre une église à Villejuif, près de Paris, au nom de l'islam radical.

La principale instance représentative de l'islam de France a condamné l'attentat. Elle a appelé «l'ensemble de la communauté nationale à la vigilance, à l'unité et à la solidarité». (ats)

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