Vaud - Chef de chantier condamné après une pollution
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VaudChef de chantier condamné après une pollution

La faune aquatique de la rivière Foirause avait succombé après une mauvaise gestion des eaux sales lors des travaux de la gare du LEB à Bercher, en août 2019.

par
Frédéric Nejad Toulami
L’incident a eu lieur lors de travaux à la gare de Bercher entre les  5 et 7 août 2019.

L’incident a eu lieur lors de travaux à la gare de Bercher entre les 5 et 7 août 2019.

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Le responsable du chantier à la gare du train régional LEB était poursuivi pour infraction à la loi fédérale sur les eaux. Du 5 au 7 août 2019, il avait omis de remettre en place un bassin de traitement des eaux alors qu’une société lui avait expressément demandé de le faire, lors d’une séance, en prévision des orages annoncés.

La pollution était arrivée jusqu’à l’embouchure de la Foirause et du ruisseau Sauteru (rond rouge)

La pollution était arrivée jusqu’à l’embouchure de la Foirause et du ruisseau Sauteru (rond rouge)

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La conséquence de cet oubli: les eaux du chantier, chargées de résidus de ciment, se sont déversées notamment dans une canalisation qui débouchait dans la rivière la Foirause. Cette pollution au «lait de ciment» a engendré une mortalité de la faune piscicole jusqu’à l’embouchure avec le Sauteru (rond rouge).

Les résidus de ciment asphyxient les poissons

La Direction générale vaudoise de l’environnement (DGE) explique à ce propos que non seulement les résidus de ciment se déposent dans le lit d’une rivière où ils annihilent toute vie, mais aussi qu’ils asphyxient les poissons.

La faune avait été «décimée»

D’après la DGE, la mortalité piscicole avait été très importante après cet incident. «La faune avait été décimée dans la Foirause, entre la STEP de Bercher et son embouchure dans le Sauteru, soit un tronçon de rivière de 2,6 km», souligne son porte-parole Denis Rychner, qui précise que la pollution avait eu un impact d’autant plus fort que le débit du cours d’eau était faible en période estivale. Un réempoissonnement a été effectué en 2020 dans cette rivière, et un deuxième aura lieu ces prochains mois.

Le prévenu a admis avoir omis de mettre en place ce bassin de décantation et a évoqué sa priorité, qui était de respecter les délais imposés sur ce chantier. L’enquête a d’ailleurs relevé que le plan prévu pour la gestion des eaux sur place n’était de toute façon pas suffisant en cas de pluies… Le chef de chantier ne s’est pas opposé à sa récente condamnation: une peine pécuniaire de 40 jours-amende, à 60 fr. le jour, assortie d’un sursis de 2 ans. Il devra payer une contravention de 400 fr. ainsi que 200 fr. de frais de procédure.

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