Armée: Chef enregistré en douce: la justice n'en a pas fini
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ArméeChef enregistré en douce: la justice n'en a pas fini

Dans l'affaire du discours de l'ex-chef de l'armée enregistré à son insu par un officier, les deux parties ont fait appel du verdict.

L'ancien chef de l'armée suisse André Blattmann.

L'ancien chef de l'armée suisse André Blattmann.

Keystone

La justice militaire n'en a pas encore fini avec l'affaire du discours de l'ancien chef de l'armée enregistré clandestinement par un officier. Tant ce dernier que l'accusation ont fait appel du jugement tombé début décembre.

Le porte-parole de la justice militaire, Mario Camelin, a confirmé samedi l'information rendue publique par le Tages-Anzeiger et le Bund. L'office de l'auditeur de l'armée, équivalent du ministère public, et l'avocat de l'officier d'Etat-major condamné la semaine dernière ont fait appel.

L'officier a écopé d'une peine pécuniaire de 30 jours-amende à 90 francs et d'une amende de 900 francs, le tout avec sursis. Le tribunal militaire 5 de St-Gall l'a reconnu coupable de manquements multiples au règlement de l'armée. Il n'a pas retenu la violation du secret professionnel.

Dénigrement «inapproprié»

En avril 2016, l'ancien chef de l'armée suisse André Blattmann avait dénigré «de manière inappropriée et personnelle» un présentateur de la télévision publique alémanique SRF. Devant un parterre de 150 officiers d'état-major lors d'un séminaire, il avait dit se réjouir que l'on arrête «le malfaiteur, le traître. Je me réjouis qu'on l'amène à l'abattoir», avait ajouté André Blattmann.

Celui-ci faisait référence au responsable de la fuite de documents révélant des problèmes en lien avec le projet d'acquisition du nouveau système de défense sol-air BODLUV, suspendu depuis par le ministre de la défense Guy Parmelin. André Blattmann avait ensuite dénigré le journaliste de la SRF Sandro Brotz.

Public ou privé

Il lui reprochait d'avoir relayé la fuite et avait fait un jeu de mots insultant sur son nom de famille. La rédaction de SRF a exigé des excuses, le chef de l'armée s'est exécuté.

Après s'être distancié des propos d'André Blattmann, le Département fédéral de la défense a précisé que le discours avait été tenu dans un cercle privé. L'officier l'avait enregistré sans autorisation, puis téléchargé sur le chat du groupe WhatsApp de Giardino, dont il est membre. A l'époque, Giardino s'opposait au développement de l'armée.

L'enregistrement avait été relayé peu après par la presse. La justice militaire avait alors ouvert une enquête contre inconnu, sur ordre du divisionnaire Philippe Rebord. Ce dernier a succédé à André Blattmann à la tête de l'armée dès janvier 2017. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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