Actualisé 03.07.2014 à 07:28

Neuchâtel

Chères, les fausses alarmes

Les policiers ne veulent plus se déplacer pour des prunes. En cas d'erreur, le service est désormais facturé plus cher. Les pratiques divergent ailleurs.

de
Frédéric Nejad Toulami/frb

En vigueur depuis mardi, la nouveauté est double dans le canton de Neuchâtel. Les entreprises à risques ont désormais l'obligation d'être reliées à une centrale privée qui collecte les alarmes. Et si l'alerte causée par un appareil ­automatique - chez une personne morale ou physique - provoque une intervention inutile de la police, la facture prend l'ascenseur (lire ci-contre). Autrefois fixée à 200 fr., elle est passée à 500 fr. au minimum. C'est à la centrale privée de lever le doute sur le déclenchement d'une alarme, en vérifiant si c'est un bug ou non, avant de faire se déplacer des policiers.

Le cas de figure est différent à Genève. Les forces de l'ordre interviennent de toute manière lors du déclenchement d'une alarme, qui sont toutes reliées à la centrale de la police. En cas de fausse alerte, une facture de 500 fr. est envoyée au propriétaire. «Mais il va de soi que, lorsque nous intervenons à la demande de citoyens qui constatent ou croient constater un cambriolage, nous ne demandons rien du tout», souligne le porte-parole de la police genevoise, Silvain Guillaume-Gentil. Même son de cloche du côté vaudois, où il n'y a pas d'obligation de se rattacher à une centrale privée afin de lever le doute avant une action policière. Mais une loi de 2004 punit de 700 fr. au moins toute intervention provoquée à tort. A Lausanne, enfin, il est assez rare que le déplacement inutile soit facturé, d'après la porte-parole de la police.

Alertes dans le vide en quelques chiffres

En 2013, la police cantonale genevoise s'est déplacée sur plus de 1500 cas de fausses alarmes, tandis que celle de Neuchâtel ne l'a fait que 400 fois, et ses ­homologues vaudois une soixantaine de fois. Ce dernier chiffre ne comprend toutefois pas les interventions inutiles des agents de la police municipale lausannoise. Cette dernière a subi quelque 21 opérations dues à des déclenchements d'alarme inappropriés sur toute l'année.

Tarif progressif chez les pompiers

La pratique existe aussi chez les hommes du feu lausannois. Là, une fausse manipulation d'un système d'alarme se produit environ une fois sur sept (65 cas sur 459 alarmes automatiques en 2013). «Nous facturons de façon progressive, explique Michel Gandillon, officier de presse. Le premier geste inopiné coûte 300 fr. à l'abonné au système de détection. Pour le deuxième, il faudra débourser 600 fr., puis 800 fr. pour le troisième. Si l'auteur nous avertit de l'erreur, le montant est divisé par deux.»

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