Actualisé 18.02.2019 à 13:41

Alimentation

Chers et repoussants, les insectes peinent à séduire

Les ventes de vers et autres grillons stagnent. Le plus gros producteur suisse a réduit la voilure.

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Le prix des insectes élevés en Suisse est deux fois plus élevé que celui des animaux venant d'autres pays européens.

Le prix des insectes élevés en Suisse est deux fois plus élevé que celui des animaux venant d'autres pays européens.

Keystone

Ils ont débarqué toutes ailes dehors dans les rayons des magasins Coop il y a un an et demi. Aujourd'hui, le constat est en demi-teinte: les insectes peinent à séduire les Suisses. Si le géant du commerce de détail assure que ses clients sont satisfaits et que la demande est stable, force est de constater que la percée attendue ne s'est pas concrétisée.

Coop reconnaît d'ailleurs dans la «Zentralschweiz am Sonntag» que grillons et compagnie n'intéressent qu'une clientèle très ciblée. De son côté, Migros s'est lancé dans l'aventure en octobre dernier, mais ses insectes importés des Pays-Bas ne sont proposés que dans certaines grandes surfaces.

Pionnier suisse de l'élevage d'insectes, l'entreprise lucernoise Entomos comptait produire 80 tonnes d'animaux par an. Mais le succès n'étant pas vraiment au rendez-vous, le groupe a réduit sa capacité de production, a déménagé et s'est associé à une start-up spécialisée dans l'alimentation du futur.

Jusqu'à 460 francs le kilo

Le problème majeur, si l'on excepte un fréquent dégoût pour les insectes, c'est le prix: à la Migros, l'animal le moins cher se vend à 130 francs le kilo. La sauterelle, elle, s'envole à 460 francs. Qu'à cela ne tienne, Essento, fournisseur de Coop, se veut optimiste: «Dès que nous disposerons de systèmes d'élevage stables et efficaces, ces aliments seront compétitifs en termes de coût», estime Christian Bärtsch, directeur général.

Par ailleurs, les insectes alimentaires seront approuvés pour l'ensemble de l'Union Européenne dès l'année prochaine. L'occasion pour les Suisses de bénéficer d'un plus grand choix de produits, à un prix plus attractif, espère Christian Bärtsch.

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