Fisc italien: Chiasso appelle la population à débusquer les espions
Actualisé

Fisc italienChiasso appelle la population à débusquer les espions

«Nous avons des indices selon lesquels des enquêteurs du fisc italien espionnent leurs concitoyens sur sol suisse et font des contrôles dans les trains», avait déclaré le président du gouvernement tessinois Gabriele Gendotti.

A Chiasso, les autorités appellent la population à démasquer les espions du fisc italien. Le ministre transalpin des affaires étrangères Franco Frattini a quant à lui tenté de calmer le jeu.

C'est en dénonçant des «enquêtes non autorisées» que le gouvernement de la ville frontière de Chiasso a annoncé jeudi avoir mis sur pied des contrôles en collaboration avec la police cantonale et le Corps des gardes-frontière. Il s'agit de récolter des indices relatifs à des activités d'investigation non autorisées à Chiasso. La population est appelée à collaborer.

Même s'ils ne sont pas nommés, il est clair que cela fait référence aux enquêteurs du fisc italien. «Nous avons des indices selon lesquels des enquêteurs du fisc italien espionnent leurs concitoyens sur sol suisse et font des contrôles dans les trains», avait déclaré le président du gouvernement tessinois Gabriele Gendotti dans un entretien à la «Neue Luzerner Zeitung». De telles actions constituent une infraction pénale.

L'UDC Suisse a rallié jeudi les milieux favorables à des mesures de rétorsion envers l'Italie. La Suisse doit suspendre le remboursement de l'impôt sur le revenu des frontaliers tant que l'Italie ne renonce pas aux mesures chicanières prises à la frontière. Des mesures de rétorsion se justifient d'autant plus que l'Italie se montre peu coopérative en matière de prise en charge de demandeurs d'asile refoulés.

Par ailleurs, les négociations en vue d'un nouvel accord de double imposition doivent être gelées. Cette revendication est partagée par le conseiller aux Etats Filippo Lombardi (PDC/TI).

Pire qu'avec la mafia

Malgré tout, le ministre italien des affaires étrangères Franco Frattini juge que les relations entre les deux pays sont sans nuages. «Nous n'avons absolument rien contre la Suisse, nous avons d'excellentes relations, ce qu'a confirmé hier l'ambassadeur», a-t-il déclaré jeudi à Bruxelles en marge d'une réunion. Pour le ministre du gouvernement de Silvio Berlusconi et ancien commissaire européen chargé de la justice, les perquisitions bancaires relèvent d'une affaire interne à la police financière.

L'ancien procureur tessinois Paolo Bernasconi n'est pas du même avis. L'action menée mardi dernier contre les filiales des banques suisses est unique, affirme dans un entretien au «Corriere della Sera» l'ex-magistrat aujourd'hui avocat d'affaires. Même la mafia n'a jamais été traitée de manière aussi dure. (ap)

Ton opinion