Actualisé 13.04.2006 à 11:03

Chiens dangereux genevois castrés

S'il refuse d'interdire les chiens potentiellement dangereux, l'exécutif soumet en revanche la détention de tels animaux à des conditions «draconiennes».

Seules les personnes les plus motivées pourront être propriétaire d'un molosse, a promis le conseiller d'Etat Robert Cramer. Pour obtenir l'autorisation, «il faudra être bien organisé dans sa tête et dans sa vie sociale».

Cours de dressage obligatoires

Le propriétaire d'un chien appartenant à une race dite d'attaque devra être majeur. Son animal proviendra exclusivement d'un élevage suisse reconnu et il sera tenu de le stériliser ou de le castrer. Le détenteur aura aussi l'obligation de suivre «avec assiduité» des cours d'éducation canine et ne pourra posséder un autre chien.

Le gouvernement genevois entend, au travers de ce règlement, décourager les personnes irresponsables à se balader en compagnie d'un chien potentiellement dangereux. «Nous voulons sélectionner les propriétaires», a résumé le président du Conseil d'Etat, Pierre- François Unger.

Mieux que l'interdiction

Après le drame d'Oberglatt (ZH), où un enfant avait été tué par des pitbulls, le Conseil d'Etat genevois a réfléchi à une interdiction des chiens dangereux. Il y a finalement renoncé, car cette solution donnait une fausse impression de sécurité et multipliait aussi les risques de fraude.

Aux yeux de M. Cramer, les contraintes adoptées par le gouvernement équivalent toutefois à une interdiction. Les molosses continueront d'exister, mais ils seront tenus en laisse par des propriétaires les maîtrisant et les connaissant parfaitement. En d'autres termes, ces animaux seront inoffensifs.

860 chiens concernés

Actuellement, 860 chiens potentiellement dangereux ont été répertoriés dans le canton sur la base d'une liste dressé par le Conseil d'Etat. Une fois le règlement publié dans la feuille d'avis officielle, tous ces animaux devront être stérilisés et leurs propriétaires devront suivre des cours de dressage.

Le règlement contient d'autres dispositions pour prévenir les risques de morsures. Il sera ainsi interdit de promener plus de trois chiens appartenant à des tiers sans autorisation. En meute, les bêtes sont en effet plus agressives. Tous les cas de morsure, sans exception, devront aussi être signalés aux services de l'Etat.

Conseil fédéral frileux

M. Cramer a regretté que dans cette affaire «le Conseil fédéral ne prenne pas ses responsabilités», alors qu'il avait les moyens d'agir. Le gouvernement suisse s'est contenté mercredi de fixer un dispositif laissant une grande place aux cantons pour les questions relatives aux chiens dangereux. (ats)

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