Chine: les survivants du séisme inquiets pour leur avenir
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Chine: les survivants du séisme inquiets pour leur avenir

Près d'un mois après le tremblement de terre au Sichuan qui a fait près de 70 000 morts et de nombreux disparus, les survivants se demandent comment recommencer une nouvelle vie.

Certains envisagent de partir.

Dans le camp de réfugiés de Chenjiaba, les premiers travaux de construction commencent, les camions déchargent des panneaux pour assembler des cabanes en dur qui remplaceront les tentes, les cours reprennent dans des écoles de fortune, les responsables du Parti communiste sont là pour aider et donner des ordres, mais l'inquiétude est palpable.

Il y a d'abord les glissements de terrain et les lacs qui se sont formés après le tremblement de terre et menacent de déborder. Certains veulent fuir les camps de réfugiés surpeuplés malgré les promesses du gouvernement de reconstruire leur maisons.

Anxiété

«Nous nous sommes sauvés sans rien et penser à l'avenir suscite l'anxiété», déclare Zhang Zhenxiu, une agricultrice d'un certain âge en train de bêcher son champ près de l'endroit où se trouvait sa maison, anéantie par un glissement de terrain géant. «C'est comme si rien ne devait plus jamais être simple», dit-elle.

Chenjiaba se situe dans une vallée du comté dévasté de Beichuan, où les forêts et les prairies vertes se sont transformées en décombres bruns-rouille.

«Presque tout le monde ici a souffert. Mais si nous y pensions trop souvent, nous ne pourrions pas finir la journée» déclare Mu Zifu, après s'être agenouillé près d'une zone où sont ensevelis des membres de sa famille.

La femme de son fils Mu Jianfeng est morte dans le tremblement de terre en protégeant leur bébé de trois mois. Mu Jianfeng, un mécanicien de 25 ans, a été trop occupé jusqu'ici à s'occuper du bébé, hospitalisé après avoir été gravement blessé, pour songer à se rendre sur la tombe de sa femme.

Il y est enfin parvenu, avec son père et sa soeur, non sans s'être frayé un chemin entre des fourrés de bambous et des terrains dangeureux pendant près de deux heures. Il travaillait à Shanghai quand la terre a tremblé.

Faire baisser l'eau des lacs

A Beichuan, l'armée tente de faire baisser l'eau des lacs qui gonfle dangereusement. On entend constamment des grondements et des craquements de roche le long des versants de part et d'autre de la vallée.

Certains survivants refusent de se laisser gagner par la morosité. «Si c'est l'inondation, nous allons tous apprendre à nager ou à courir», déclare Du Caigang, qui garde ses 20 cochons parmi les ruines.

Beaucoup craignent que l'élan de générosité du pays ne s'épuise avant que les logements et les écoles ne soient reconstruits.

«Je pense que les gens ici savent que leurs vies ne seront plus jamais faciles», déclare Wang Jiyao, un agriculteur d'une soixantaine d'année en train de nettoyer sa tente dans le camp de réfugiés de Chenjiaba.

Pas d'espoir

Mu Jianfeng estime qu'il n'y a pas d'espoir dans son village démoli où les porcs et les chiens furètent parmi les immeubles effondrés.

Il emmènera bientôt sa fille à Shanghai, où sa femme travaillait aussi comme comptable avant de rentrer à Chenjiaba pour accoucher. «Ce n'est pas une vie pour elle ici, pas pendant longtemps», déclare Mu. «Je ne pense pas que nous reviendrons un jour à la normale. Trop de choses ont changé».

Le séisme du 12 mai a tué 69 142 personnes et fait 17 551 disparus, selon le dernier bilan officiel. Par ailleurs, 374 065 personnes ont été blessées dans ce tremblement de terre qui a surtout frappé la province du Sichuan. Une nouvelle réplique de magnitude 5 a secoué lundi la province. (ats)

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