France: Chirac bientôt devant les juges
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FranceChirac bientôt devant les juges

L'ancien président de la République Jacques Chirac passera devant la cour cet hiver dans l'affaire dite des chargés de missions de la Ville de Paris.

Jacques Chirac a toujours clamé son innocence.

Jacques Chirac a toujours clamé son innocence.

L'ex-président français est poursuivi dans deux affaires d'emplois présumés fictifs dans les années 1990, lorsqu'il était maire de Paris.

La date du 8 novembre 2010 avait été initialement fixée pour une première affaire mais les avocats de Jacques Chirac ont demandé d'attendre que progresse une seconde procédure en cours contre leur client.

Une procédure jumelle de celle de Paris, elle aussi sur des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris, est en effet instruite actuellement à Nanterre (ouest de Paris). Un juge d'instruction devrait prendre une ordonnance de renvoi ou de non- lieu «pour le début ou la fin de l'été».

Les avocats de l'ex-chef de l'Etat ont argué qu'il serait préférable pour la «clarté des débats» de joindre les deux affaires. S'il y a un non-lieu dans la deuxième affaire la date du 8 novembre sera maintenue. Dans le cas contraire, une date commune sera fixée en février.

Jusqu'à 10 ans de prison

M. Chirac, qui a dirigé la mairie de Paris de 1977 à 1995, doit être jugé dans la première affaire pour 21 emplois de complaisance présumés, rémunérés entre octobre 1992 et mai 1995 par son cabinet de maire. Ces emplois servaient en fait, selon l'accusation, au parti de droite RPR que présidait également à cette époque M. Chirac.

L'ancien président encourt dans ce dossier jusqu'à dix ans de prison, 150'000 euros d'amende et une inéligibilité automatique de dix ans.

Dans l'affaire de Nanterre il est question de sept emplois présumés fictifs, selon ses avocats. Cette affaire a déjà été jugée définitivement en première instance en 2003 et en appel en 2004 en ce qui concerne notamment Alain Juppé, ancien Premier ministre et ex- adjoint aux Finances de Jacques Chirac à la Ville de Paris.

Alain Juppé a été sanctionné de 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour «prise illégale d'intérêts» pour avoir fait rémunérer six des sept personnes en question par la Ville de Paris entre 1990 et 1995.

Une lettre signée de sa main

La justice dispose d'un élément matériel contre Jacques Chirac, une lettre signée de sa main le 16 décembre 1993 dans laquelle il demande une promotion pour une personne salariée par la ville entre 1983 et 1994, Madeleine Farard. Cette dernière a reconnu durant l'enquête avoir travaillé exclusivement pour le RPR.

L'ancien chef de l'Etat, député de Corrèze, Premier ministre de 1986 à 1988, a toujours nié toute malversation. (ats/afp)

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