29.03.2017 à 15:39

Zurich

Chirurgien pas sérieux viré sur-le-champ

Un spécialiste de l'obésité a été renvoyé d'une clinique zurichoise après des plaintes. Il avait déjà eu de gros problèmes en Allemagne.

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dmz

Opérations incomplètes, suivi inexistant, absence de consultations pré-opératoires, examens chers et non-remboursés, la liste des reproches adressés à R.S. un chirurgien roumain spécialiste de l'obésité établi à Zurich est longue. Si longue que la clinique qui l'employait a décidé de se séparer de lui vendredi passé, révèle mercredi le «Tages-Anzeiger».

«Nous avons eu vent d'une douzaine de cas liés à ce médecin. C'est la preuve que quelque chose ne va pas», confirme Heinrich von Grünigen, président de la Fondation suisse de l'obésité. Le cas le plus grave, écrit le quotidien alémanique, est celui d'un couple de retraités. Le mari, en surpoids et diabétique, a été opéré par le chirurgien incriminé, sans succès. Le couple a tout de même laissé 40'000 francs dans l'aventure, l'intervention n'étant pas remboursée par l'assurance maladie.

Ils ont dû faire appel à un autre chirurgien, qui cette fois à pu opérer avec succès. Le couple estime ne pas avoir été correctement informé sur les chances de réussite de l'intervention.

Pire en Allemagne

Avant de s'installer à Zurich en 2014, le médecin travaillait à Munich (All). Thomas Hüttl, médecin-chef de la clinique qui l'employait, parle d'incompétence crasse. «Dans la majorité des cas, les patients opérés par ses soins ne l'ont pas été correctement. Nous réparons ses erreurs encore aujourd'hui», confie-t-il. Rudolf Weiner, professeur à l'Université de Francfort, parle «du pire mouton noir de la chirurgie de l'obésité en Allemagne.»

Les recherches du Tagi font état d'erreurs terribles. Une jeune femme de 23 ans vit par exemple sans estomac après avoir été prise en charge par R.S. L'affaire a été traitée par la justice, qui l'a condamné à verser 65'000 euros (près de 70'000 francs) à la plaignante. Le tribunal a estimé que les risques n'ont pas été suffisamment exposés et que le médecin ne lui a pas assez laissé de temps pour se préparer en agendant l'opération trois jours après la première consultation.

Des reproches injustifiés

Contacté, R.S. revient sur le cas des retraités zurichois. Il explique avoir convenu avec son ex-employeur de leur rembourser l'argent touché pour cette opération, à savoir 15'000 francs. Il insiste toutefois sur le fait qu'il a «correctement informé le patient». Par ailleurs, il souligne qu'«aucune opération n'est totalement sans risque.» Par ailleurs, il se dit fier de son travail à Zurich, en raison de son faible taux de complications et du chiffre d'affaire d'1,5 million généré par la clinique grâce à lui.

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