Valuev vs Holyfield: Choc des titans à Zurich
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Valuev vs HolyfieldChoc des titans à Zurich

Samedi 20 décembre, le Hallenstadion de Zurich sera le théâtre du Championnat du monde WBA des lourds entre le Russe Nikolay Valuev, tenant du titre, et l'Américain Evander Holyfield.

D'un côté, un Russe au gabarit presque inhumain sur lequel repose presque toute sa carrière.

De l'autre, un revenant américain, entré par la grande porte dans la légende de la boxe et en passe de rejoindre d'autres anciennes gloires devenues has-been et bastonnées publiquement par de plus jeunes qu'elles. Avec la pesée officielle effectuée au Grand Casino de Baden, les jeux du cirque ont bel et bien commencé.

Puristes et spécialistes ne sont dans l'ensemble pas tendres avec ce championnat du monde des lourds version WBA, disputé samedi soir au Hallenstadion de Zurich. Mauvaise blague, mascarade, pantalonnade, les qualificatifs sont cruels. Bernd Bönte, manager des frères ukrainiens Vitaly et Vladimir Klitschko, détenteurs des ceintures suprêmes de trois des quatre fédérations majeures (WBC, WBO et IBF, seule manque celle de la... WBA). «Ce combat est un désastre pour ce sport. Les adversaires de Valuev sont de plus en plus faibles. Cette rencontre ne peut être autre chose qu'une farce.»

Kitsch

La pesée n'a pas donné tort à Bernd Bönte. Comme toujours. Artificielle, téléguidée, risible. Le lieu n'a pas arrangé l'affaire. Une foule de journalistes et de curieux massés près de la balance, dans un coin de la salle. Des murs orange, relents approximatifs et malheureux d'une rencontre douteuse entre Pop-Art et Rothko, le tout chapeauté d'un plafond violet intense et foncé. Kitsch à souhait.

Puis arrive Evander Holyfield. 97,2 kilos. On le parque le long des publicités. Apparaît ensuite Nikolaï Valuev et ses 213 centimètres. 141 kilos. On dirige les deux combattants pour qu'ils s'affrontent du regard. Rien de naturel. Un scénario écrit à l'avance sur le modèle des films hollywoodiens. Puis on déplace le couple pour permettre à d'autres photographes d'avoir à leur tour le bon angle. Puis encore. Il ne faudrait pas que les médias aient le sentiment d'être venus pour rien.

Valuev semble bien peu goûter aux relations publiques. Il faut le convaincre de prendre une dernière pose. Arcades proéminentes, front qui pourrait presque servir de piste d'atterrissage à des modèles réduits. Holyfield, les muscles saillants face au pataud de St-Pétersbourg, a le sourire. Cette farandole-là, il la connaît bien.

Insulte au noble art

Lui, le vieux de 46 ans qui s'accroche à un passé certainement révolu. Prêt à servir de «sac à gnons» aux poings gigantesques de la «Bête de l'Est». Ce colosse russe au corps impressionnant uniquement par ses dimensions et surtout pas par la musculature, dont tout le monde considère la boxe comme rudimentaire, lente, insultante pour le noble art.

On assure pourtant depuis des mois que Valuev a progressé. C'est certainement exact. Mais jamais le Russe, en dépit de sa taille, ne sera un grand boxeur. Ainsi, ni le tenant du titre ni son challenger ne sortiront réellement vainqueurs de ce combat, quelle que soit son issue. Une victoire sans gloire de plus pour l'un, un titre au rabais pour l'autre. Un sport mal en point à nouveau k.o. debout.

Il ne manquait finalement que Don King, promoteur à 50 % de l'événement avec Sauerland Events, pour compléter le triste tableau. Le sulfureux à la tignasse reconnaissable entre toutes aurait eu sa place sur scène, lui qui a commencé sa carrière en s'occupant de Foreman après sa victoire contre Frazier, duquel il conduisait la limousine avant le combat. Un parfait Monsieur Loyal pour le cirque zurichois.

(ats)

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