Suisse: Chômage partiel à l'hosto: «Ça semble paradoxal»
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SuisseChômage partiel à l'hosto: «Ça semble paradoxal»

Dans plusieurs hôpitaux de Suisse, le personnel n'a pas assez de travail. En cause: l'interdiction des interventions non-urgentes et les personnes évitant les urgences par crainte de contracter le coronavirus.

par
B. Zanni/ofu

Le personnel hospitalier est en première ligne pour lutter contre le coronavirus. Afin de s'assurer qu'il puisse convenablement prendre en charge les patients, le Conseil fédéral a annulé certaines dispositions légales qui le protégeaient. Actuellement, le personnel hospitalier n'est ainsi plus protégé par la loi qui limite la durée du travail et qui garantit des temps de repos.

Un tour dans différents hôpitaux de Suisse montre cependant que certains soignants n'ont pas suffisamment de travail. D'un côté parce que les hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux n'ont plus le droit d'effectuer des interventions non-urgentes. Et d'un autre côté parce que les services d'urgence recensent un tiers de patients en moins. Ceux-ci sont toujours plus nombreux à éviter les hôpitaux par crainte de contracter le coronavirus.

Pas de pic en Suisse alémanique avant plusieurs semaines

Pour ces raisons, certains centres hospitaliers ont dû introduire le chômage partiel. Parmi eux figurent notamment l'hôpital cantonal d'Argovie et le Spital Thurgau AG. Des demandes en ce sens ont par ailleurs été déposées par l'hôpital cantonal de Zoug et le groupe Hirslanden.

«Le chômage partiel dans les hôpitaux semble paradoxal. Mais actuellement de nombreux lits sont vides», expliquent le porte-parole du groupe Hirlsanden, Claude Kaufmann. Il note cependant que le pic de patients n'a pas encore été atteint. Selon lui, il a probablement déjà été atteint au Tessin et serait imminent, en Suisse romande. «Mais en Suisse alémanique, ce ne sera pas le cas avant plusieurs semaines.»

Aux urgences de l'HFR, début avril, les patients étaient étonnamment moins nombreux que d'habitude

Nous avons paradoxalement moins de patients

Les urgences de l'HFR ont mis sur pied des filières pour séparer les patients potentiellement atteints du Covid-19 des autres. Mais au total, ils sont étonnamment moins nombreux que d'habitude.

Rester vigilant

Willy Oggier, expert des systèmes de santé suisses, rappelle qu'il est raisonnable de prévoir suffisamment de lits. «Le problème c'est qu'on ne sait jamais combien de lits on a besoin. Mais une fois la crise passée, il est préférable de pouvoir dire qu'on avait trop de lits que pas assez.» L'expert conseille de rester vigilant.

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