Emploi: Chômeuse en France, serveuse en Suisse
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EmploiChômeuse en France, serveuse en Suisse

Serveuse à Genève, la jeune femme touchait des indemnités de l'Hexagone. Son cas ne serait pas isolé.

par
Didier Tischler

«J'étais tellement content d'elle que je lui avais proposé une promotion. A ma grande surprise, alors qu'elle travaillait depuis des mois, ma serveuse m'a dit qu'elle ne pouvait pas accepter car elle devait chercher un travail! Elle m'a alors avoué qu'elle était au chômage en France et devait trouver un job pour toucher de nouvelles indemnités.»

Pour ce restaurateur, ce cas serait assez courant. «J'ai le sentiment que lors des demandes de permis de travail, le contrôle­ est assez léger, voire inexistant», ajoute-t-il. Il suffit en effet à un employeur de remplir un formulaire avec deux photos passeport et une copie de pièce d'identité du candidat.

«C'est la France qui est pénalisée si ses chômeurs travaillent sans rien déclarer», souffle un haut fonctionnaire genevois. Du côté vaudois, Roger Piccand estime que «le problème n'est pas suisse». Pour le chef du Service de l'emploi: «Nous n'avons aucun moyen de vérifier si un travailleur frontalier touche des indemnités de chômage chez lui.»

De l'autre côté de la frontière, au Pôle emploi (ex-ANPE) de la région Rhône-Alpes, on botte en touche. «Le contrôle des activités éventuelles des chômeurs est en principe­ du ressort de l'inspection du travail», explique-t-on. Au sein du service concerné, au Ministère du travail, on indique qu'il faut voir avec la Direction générale de l'emploi. Cette dernière précise alors que cette traque serait «le boulot de Pôle emploi»! Impossible, dans ces conditions, de connaître le nombre de tricheurs. Vous avez dit patate chaude?

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