Tour de Romandie: Chris Froome, un favori en manque de repères
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Tour de RomandieChris Froome, un favori en manque de repères

Christopher Froome est-il capable de conserver son titre sur le Tour de Romandie ? Tel est le défi qui attend le Britannique dès mardi à Ascona, où il se présente sans trop de repères.

Le leader de l'équipe Sky a en effet connu plusieurs contretemps cette saison. Victime d'une inflammation au dos en mars, il avait dû déclarer forfait pour Tirreno - Adriatico, avant de sembler encore un peu juste au Tour de Catalogne (6e).

Parti ensuite pour son traditionnel camp d'entraînement en altitude à Ténérife, il était censé renouer avec la compétition dimanche à Liège-Bastogne-Liège. Mais c'était sans compter sur une petite infection pulmonaire, qui l'a contraint à renoncer peu avant le départ. Il a assuré qu'il ne s'agissait que d'une mesure de précaution et que sa participation au TdR n'était pas remise en cause.

Cela n'empêche pas que le Britannique n'est sans doute pas au mieux de sa forme, lui qui veut profiter de ce Tour de Romandie pour se tester en vue du Tour de France. Une recette qui avait fait ses preuves l'an dernier pour lui, mais aussi pour Bradley Wiggins (en 2012) et Cadel Evans (2011), également sacrés sur la boucle romande deux mois avant leur triomphe sur les Champs-Elysées.

Cette année encore, le Tour de Romandie offre un concentré de «Grande Boucle» au peloton. Après le prologue d'Ascona, les baroudeurs et sprinters pourront en découdre lors des étapes de Sion (mercredi), Montreux (jeudi) et Fribourg (samedi), tandis que les favoris à la victoire en finale se mesureront vendredi en montagne entre Le Bouveret et Aigle, puis dimanche lors du contre-la-montre final de Neuchâtel.

Ces deux étapes clefs présentent un terrain idéal pour Chris Froome, prototype actuellement inégalé du grimpeur-rouleur. Le natif kenyan doit toutefois s'attendre à être bousculé par de nombreux challengers, et d'autant plus s'il n'est pas au mieux de sa forme et si la météo - annoncée mitigée cette semaine - joue les trouble-fête.

Rui Costa comme chez lui

Chris Froome devra notamment composer avec Vincenzo Nibali, qui a rejoint à la dernière minute le casting de cette édition 2014. Vainqueur de la Vuelta en 2010 et du Giro en 2013, l'Italien d'Astana veut s'attaquer cette année au Tour de France. Et à l'instar de Froome, c'est sur les routes romandes qu'il souhaite se tester.

Parmi les autres sérieux outsiders figure Rui Costa, même si le Portugais n'est pas sorti indemne de Liège-Bastogne-Liège (contusion à une épaule après une chute). Le coureur de la Lampre aura à coeur de poursuivre son idylle avec la Suisse, lui qui était 3e des deux dernières éditions du Tour de Romandie et qui est double tenant du titre au Tour de Suisse.

Tout comme Nibali, le champion du monde 2013 est moins fort que Froome lors des chronos et, par conséquent, devra attaquer le Britannique avant l'étape finale de Neuchâtel s'il veut s'imposer. De quoi promettre une belle empoignade au cours de l'étape reine de vendredi, durant laquelle quatre cols de 1re catégorie seront franchis avant l'arrivée à Aigle

D'autres coureurs seront à surveiller de près. Cela sera par exemple le cas de l'Américain Tejay Van Garderen (BMC) et du Polonais Michal Kwiatkowski (Omega Pharma), deux hommes en vue depuis le début de la saison. Attention aussi au Slovène Simon Spilak (Katusha), vainqueur du Romandie en 2010 et dauphin de Froome l'an dernier.

Les Allemands en force

Même si ses aptitudes en montagne sont trop limitées pour viser la victoire finale, l'Allemand Tony Martin (Omega) pourrait aussi être l'une des figures de ce Tour de Romandie. Le triple champion du contre-la-montre sera l'homme à battre - même pour Froome - lors des chronos d'Ascona et de Neuchâtel.

Si la 1re étape s'annonce très ouverte avec la montée sur Lens juste avant le retour sur Sion, les arrivées à Montreux et Fribourg devraient logiquement se conclure au sprint. Et dans ce cas de figure, le favori no 1 sera Marcel Kitell (Giant). Sur le papier, l'Allemand est l'homme le plus rapide de cette édition 2014 en l'absence de Mark Cavendish. (si)

Mathias Frank, atout suisse no 1

En l'absence une nouvelle fois de Fabian Cancellara, au repos après les classiques flandriennes, c'est sur l'équipe IAM que reposent les meilleures chances helvétiques pour le Tour de Romandie 2014. Et plus particulièrement sur son leader Mathias Frank. Le Lucernois semble avoir les armes pour au moins intégrer le top 10 du classement général final. Son début de saison incite à l'optimisme, à l'image de ce qu'il avait montré fin mars en Corse sur le Critérium international (1er de l'étape reine, 2e du général). Mathias Frank est toutefois loin d'être isolé au sein de la formation basée à Nyon, elle qui alignera sept coureurs suisses. Parmi eux, les Johann Tschopp, Sébastien Reichenbach et autre Marcel Wyss pourraient avoir leur mot à dire dès que la route s'élèvera, mercredi du côté de Sion ou vendredi avant d'arriver à Aigle. Chez BMC, Steve Morabito et le champion de Suisse Michael Schär n'ont pas été retenus, mais la présence helvétique est assurée par Danilo Wyss, Martin Kohler et le néo-professionnel Silvan Dillier. Trois hommes dont la mission principale consistera à protéger leur leader, l'Américain Tejay Van Garderen.

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