24.07.2020 à 07:04

Hockey sur glace

Chris McSorley n’est plus directeur sportif de Ge/Servette

Une page se tourne aux Vernets. Après avoir laissé sa place derrière le banc à Pat Emond, l’ancien coach, propriétaire et manager du club grenat est remplacé par Marc Gautschi.

de
Christian Maillard
Bye bye Chris McSorley!

Bye bye Chris McSorley!

KEYSTONE

Dans certaines légendes, au bout du village, il n’y a plus de maison, dit-on. C’est souvent la fin d’un voyage et d’une belle histoire. Après avoir été prié, il y a un an, de laisser son bureau et le banc à Pat Emond, Chris McSorley n’est désormais plus le directeur sportif de Ge/Servette. L’Ontarien (58 ans) a été libéré de son poste suite à des divergences. Elles concernent «le management et les règles de gouvernance du club». Le couple battait de l’aile depuis plusieurs mois. «C’était préférable pour les deux parties, qui étaient insatisfaites, de lui retirer cette fonction», précise le président, Laurent Strawson, lequel lui a annoncé cette nouvelle début juillet. «Mais, ajoute-t-il, il reste pour l’instant à disposition du club.» Jusqu’à quand? Mystère.

Selon nos informations, il semblerait qu’il y ait aussi un désaccord sur la durée de son contrat, concernant notamment la validité d’une option de cinq ans à partir de 2023 que réclame l’ex-propriétaire, coach et manager des Aigles. «Nous nous sommes positionnés à son égard, mais on ne peut pas en dire plus pour l’instant, ajoute l’avocat genevois. On va toutefois essayer de résoudre cette situation intelligemment.» Comme le confirme le dirigeant, «dans tous les cas de figure, le directoire grenat assumera l’intégralité de ses obligations vis-à-vis de lui». Il a tant donné au club…

«C’était préférable pour les deux parties, qui étaient insatisfaites»

Laurent Strawson, président de Ge/Servette

Débarqué dans la Cité de Calvin le 6 avril 2001 dans la peau de manager général de Ge/Servette, alors en LNB, Chris McSorley, qui avait été engagé à Londres par le groupe Anschutz, avait métamorphosé les Aigles à son image pour les emmener rapidement parmi les meilleures formations du pays. Jusqu’au sommet.

Avec lui à la bande, le GSHC a grandi, pris du galon, pour disputer ensuite deux finales de championnat (2008 face à Zurich et en 2010 contre Berne), une autre de Coupe de Suisse (2017) perdue à Kloten. Sans oublier, bien sûr, les deux victoires à la Coupe Spengler (2014 et 2015) à Davos. Ce coach pas comme les autres, redoutable et redouté, était prêt à tout pour faire gagner son équipe, lui donnant une âme, une identité. C’est lui qui avait amené aussi Sherkan à la patinoire et un show à l’américaine très apprécié par les fans. Personne ne l’oubliera.

McSorley a-t-il toujours la flamme?

«C’est forcément une page très importante du club qui se tourne, reconnaît Laurent Strawson. Chris a été le personnage le plus important de notre organisation durant ces dernières années. Il nous a inculqué une vraie culture de hockey à Genève. Mais nul n’est irremplaçable et on doit aujourd’hui aller de l’avant.» Le conseil d’administration, qui lui avait redonné les clés il y a deux ans après la parenthèse laborieuse de Craig Woodcroft sur le banc, lui cherche désormais «la meilleure solution, la plus raisonnable pour lui, dans l’organisation».

Reste à savoir s’il a toujours la flamme pour rebondir encore une fois. Après avoir été propriétaire, coach adulé par des milliers de Genevois, il n’est pas évident pour un homme qui adore la communion avec le public de se retrouver ainsi relégué au second plan, en tribunes ou dans un placard, fût-il doré.

«On est tout à fait conscients qu’il n’a pas été facile pour Chris de s’adapter à des nouvelles règles de management et à la nouvelle organisation du club, compte tenu des pleins pouvoirs qu’il possédait par le passé, reconnaît le président. Mais, indépendamment des qualités et des défauts de McSorley, il était compliqué pour nous de lui confier cette responsabilité sportive aussi importante sur le long terme.»

Marc Gautschi ne va pas tout chambouler

C’est Marc Gautschi (37 ans), qui a été sous les ordres de… Chris McSorley de 2011 à 2013, qui assumera désormais cette fonction. Revenu en 2019 aux Vernets après avoir fini sa carrière à Ambri, il collaborait notamment avec les novices élites et déjà avec la commission sportive des Aigles. «C’est un homme intelligent qui aime Genève et qui parle les langues, renchérit Laurent Strawson. Jusque-là, il nous a donné la preuve de ses compétences. Nous sommes convaincus que c’est la bonne personne pour diriger l’organisation sportive dans ces prochaines années.»

Actuellement en camp d’entraînement à Zuchwil avec l’équipe de Suisse des M17, où il est assistant-coach de Patrick Schöb, ce Bernois est passé dans sa carrière par Gottéron, Lausanne, Zoug, Bâle, Langenthal et Ambri, accumulant beaucoup d’expérience partout où il a joué. «C’est un grand honneur pour moi d’avoir été nommé directeur sportif à Genève, dans un club qui a une si belle histoire et une ville que j’ai tout de suite adorée, savoure l’ex-défenseur du GSHC. J’ai toujours été intéressé par cette fonction, c’est un rêve qui devient réalité.»

Mais pour lui, qui n’est pas du genre à trop se mettre en avant, pas question de tout chambouler. «La fondation, qui a donné une deuxième vie au club, souhaite que l’on travaille avec de jeunes joueurs genevois, poursuit Gautschi. C’est ce que nous avons commencé avec un certain succès l’an passé. Nous allons continuer dans cette stratégie, en développant encore notre relève. La base est là, il n’y aura pas trop de changements.»

Si ce n’est celui de Chris McSorley, qu’on ne reverra vraisemblablement plus aux Vernets.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
24 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Pascal Brouillon

25.07.2020 à 14:37

Avec sa retraite il pourra acheter plein de cabines de toilettes à 100'000 balles, comme à Lausanne !

Philippe

25.07.2020 à 08:28

Honte à ces dirigeants qui croient tout savoir sans jamais avoir travaillé ni fait leurs preuves !!! Aucun respect !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Sans Chris Mc Sorley le GSHC ne serait pas grand-chose… Bravo à lui pour tout ce qu'il a fait pour ce club et bonne continuation. Il devrait partir à Lausanne, les dirigeants du GSHC ne méritent plus un entraîneur de cette classe !!!

Pas une ville de hockey

24.07.2020 à 10:23

Chapeau ce qu’il a réussi avec un club à la base de seconde zone. Il reste à savoir combien de temps Genève restera en NL ? Bon, on pourrait dire la même chose de Lausanne.