Conseil des Etats/FR: Christian Levrat veut succéder à Alain Berset
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Conseil des Etats/FRChristian Levrat veut succéder à Alain Berset

Le Gruérien se lance officiellement dans la course à la Chambre des cantons. Il estime qu'il est «possible» de concilier cette charge avec celle de président du Parti socialiste suisse.

par
frb/ats
Le siège occupé jusqu'alors par Alain Berset intéresse vivement le président du PS suisse.

Le siège occupé jusqu'alors par Alain Berset intéresse vivement le président du PS suisse.

Le conseiller national Christian Levrat (PS/FR) veut devenir sénateur. A Fribourg, il ne faisait plus de doute que l'ancien syndicaliste se porterait candidat à la succession d'Alain Berset au Conseil des Etats. Jeudi, Christian Levrat a annoncé publiquement son intention de briguer la place laissée vacante par le nouveau conseiller fédéral, dans une interview accordée à «La Liberté».

Le Parti socialiste fribourgeois doit encore avaliser cette candidature, mais pour le président du parti national, cela ne devrait être qu'une formalité. Surtout qu'il compte bien rester, au moins «quelques mois», président du PSS s'il est élu. La charge de travail, estimée par le quotidien fribourgeois à 120%, ne lui fait pas peur. «Je peux réduire un peu ma présence médiatique pour me concentrer sur des activités stratégiques», explique-t-il.

Le fait qu'Alain Berset ait repris le Département fédéral de l'intérieur (DFI) l'a encore plus motivé. Selon lui, il se profile au DFI une chance historique de réformer les assurances sociales, de montrer qu'une réforme de l'AVS ou du 2e pilier n'équivaut pas simplement à un démantèlement des solidarités existantes et que l'on peut rendre le système de santé plus efficace, plus transparent, plus abordable.

«C'est une tâche difficile, de longue haleine, et un mandat aux Etats permettra d'accompagner Alain Berset dans la durée, sur plusieurs législatures», dit-il.

Gare aux caricatures

Christian Levrat réfute les critiques de ceux qui pensent que son profil de tribun, plus marqué à gauche, colle moins bien avec les Etats que celui d'Alain Berset. Selon lui, tous les leaders politiques doivent savoir hausser le ton si nécessaire, mais aussi construire des majorités.

Et de rappeler que cela fait dix ans qu'il dirige de grandes organisations nationales, que ce soit le PS ou le Syndicat de la communication. Cela ne se fait «pas simplement avec des qualités de tribun et des coups de gueule, mais avec la capacité de fédérer les énergies, de trouver des solutions équilibrées».

M. Levrat souligne en outre l'efficacité du tandem fribourgeois PS/PDC aux Etats. C'est une formule gagnante depuis des décennies, rappelle-t-il. Le PS a eu une présence forte aux Etats avec Otto Piller (1979-1995), Pierre Aeby (1995-1999) et Alain Berset (2003- 2011). Selon lui, l'intermède d'un tandem PDC-PRD, durant la législature 1999-2003, n'a pas été une réussite pour le canton.

Double mandat pas exceptionnel

S'il est élu, il compte bien concilier son mandat de sénateur avec la présidence du PS suisse. «Probablement, durant quelque temps à tout le moins. Mais je ferai un bilan après quelques mois pour prendre une décision définitive.» Il constate d'ailleurs que par le passé, tous les partis ont eu des présidents qui siégeaient aux Etats.

Y compris au PS, avec la Genevoise Christiane Brunner (2000-2004) ou au PDC, avec Carlo Schmid (1992-1994) et Anton Cottier (1994- 1997) et plus récemment, avec Philipp Stähelin (2001-2004). Le champion du double mandat a été l'UDC thurgovien Hans Uhlmann (1988- 1996).

Le premier à se lancer

Le socialiste de bientôt 42 ans est le premier à sortir du bois en vue de l'élection du 11 mars. Sa candidature doit encore être avalisée par le comité directeur du PS fribourgeois jeudi soir, puis par l'assemblée des délégués, mais tout cela ne fait pas un pli. Le délai pour le dépôt des candidatures échoit le 16 janvier.

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