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Christoph Blocher a reçu le ministre turc de la justice

Christoph Blocher a reçu le ministre turc de la justice Cemil Cicek pour un entretien de travail à Berne vendredi et samedi.

Le chef du Département de justice et police (DFJP) a abordé la question de l'intégration des jeunes Turcs en Suisse.

La rencontre était placée sous le signe de l'amélioration et de la consolidation des relations bilatérales, a indiqué le DFJP dans un communiqué. La rencontre s'est déroulée dans une ambiance «ouverte et cordiale» et doit être considérée comme une étape importante pour l'évolution des relations entre les deux Etats, a encore affirmé le département de M. Blocher.

Il s'agit de la première visite d'un ministre turc de la justice en Suisse.

Intégration

Au sujet de l'intégration des jeunes Turcs en Suisse, Christoph Blocher a insisté sur l'importance de l'apprentissage d'au moins une des langues officielles. A ses yeux, la maîtrise de la langue est l'un des fondements d'une intégration réussie. Les concitoyens étrangers capables de s'exprimer dans l'une des langues nationales voient augmenter leurs chances dans le domaine de la formation et sur le marché du travail, a-t-il expliqué.

Plus de 100 000 personnes d'origine turque vivent en Suisse. Le ministre de la justice a par ailleurs informé son homologue turc des modalités régissant la délivrance d'autorisations de travail et de visas aux enseignants et imams turcs en Suisse.

Lutte contre le terrorisme

M. Blocher a encore présenté au ministre turc la stratégie suisse en matière de lutte contre le terrorisme international. Des questions d'entraide judiciaire internationale ont également été abordées.

Le conseiller fédéral avait invité M. Cicek à venir en Suisse lors de son voyage en Turquie en octobre dernier. M. Blocher s'était rendu à Ankara pour les festivités marquant les 80 ans de l'entrée en vigueur du code civil turc, largement inspiré du code civil suisse.

Procès Perinçek

Par ailleurs, la visite de M. Cicek intervient à la veille du procès explosif du ressortissant turc Dogu Perinçek, qui s'ouvre mardi à Lausanne. Le président du Parti des travailleurs turcs est accusé de nier le génocide arménien.

Le leader turc est renvoyé devant la justice pour discrimination raciale. Il a déclaré notamment en juillet 2005 à Lausanne que le génocide arménien de 1915 était «un mensonge international». Plusieurs centaines de ses partisans veulent manifester pour défendre la Turquie «calomniée».

Le procès n'a pas fait l'objet de discussions officielles entre Christoph Blocher et Cemil Cicek, a précisé à l'ATS le porte-parole du DFJP, Livio Zanolari.

Lors de sa visite à Ankara, M. Blocher avait critiqué la norme pénale anti-raciste. Il avait regretté que ce texte ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien, dans un discours à Winterthur (ZH) en 2004. (ats)

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