Affaire Hildebrand: Christoph Blocher crie au complot politique
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Affaire HildebrandChristoph Blocher crie au complot politique

Christoph Blocher, visé par une enquête pénale pour violation du secret bancaire, veut faire valoir son immunité parlementaire. Il suppose l'existence d'un complot politique contre sa personne.

Christoph Blocher n'a pas mis longtemps à réagir après l'ouverture d'une enquête contre lui pour violation du secret bancaire dans l'affaire Hildebrand. Il fait valoir son immunité parlementaire. Avant de continuer la procédure, la justice devra attendre le feu vert des commissions compétentes des Chambres fédérales.

Le conseiller national (UDC/ZH) a qualifié l'immunité parlementaire de «très importante» dans un tel cas. «Un citoyen doit pouvoir avertir un citoyen. Et lorsque ce dernier agit à son tour, il ne doit pas être puni», a-t-il affirmé mercredi sur son site internet «Teleblocher».

L'ex-conseiller fédéral a souligné avoir agi en tant que parlementaire. «Je ne vais certainement pas renoncer volontairement à mon immunité».

La justice zurichoise a bien reçu une lettre de M.Blocher faisant valoir son immunité, a précisé une porte-parole du Ministère public. Concrètement, ce dernier doit s'adresser à la Commission de l'immunité du Conseil national, explique à l'ats Mark Stucki, chef de l'information des services parlementaires fédéraux. Une démarche que la justice zurichoise est tenue de faire.

La balle au parlement

La commission du National, qui a ajouté cet objet à l'ordre du jour de sa séance ordinaire prévue depuis longtemps mercredi prochain, devra statuer. Sa décision devra être confirmée par son homologue du Conseil des Etats, la commission des affaires juridiques.

Les membres des Chambres fédérales bénéficient d'une immunité relative uniquement pour des actes en lien direct avec leurs fonctions. Contrairement à M.Blocher, le Ministère public zurichois a fait savoir mercredi que, selon lui, les faits qu'il reproche au stratège et vice-président de l'UDC n'ont pas de lien avec son mandat de conseiller national.

Il incombera aux commissions parlementaires de décider. Depuis une récente modification législative, l'an dernier, ces dernières sont seules compétentes, les plénums des deux conseils n'ayant plus à se prononcer.

Elles devront répondre à deux questions: l'invocation de l'immunité est-elle légitime? Si oui, acceptent-elles de la lever dans ce cas. Par le passé, le Zurichois a déjà évité par trois fois la levée de son immunité.

Enquête suspendue

Le processus pourrait durer plusieurs mois, selon M. Stucki. Pendant ce temps, l'enquête zurichoise serait suspendue.

Le matériel saisi lors de la perquisition, mardi, au bureau et au domicile de M.Blocher, ne devrait pas non plus être utilisé avant la décision sur l'immunité.

Les ordinateurs, téléphones portables, les documents relatifs à l'affaire Hildebrand ainsi que le dernier discours du tribun à l'Albisgütli, la grand-messe populaire annuelle de l'UDC, ont été mis sous scellés, a dit M.Blocher sur son site multimédia.

Ce dernier se trouvait à son bureau au moment de la perquisition menée par un procureur et quatre policiers, mardi à 14h30, a-t-il précisé. Il n'a en revanche pas assisté à la fouille de son domicile.

Théorie du complot

«On ne perquisitionne pas un domicile pour ce que l'on me reproche», griefs qu'il juge «tirés par les cheveux», a encore dit l'ex-ministre de la justice sur Teleblocher. Ce dernier suppose l'existence d'un complot contre lui.

«La politique joue un rôle important dans cette histoire», lance- t-il. Et d'accuser des politiciens d'avoir fait pression sur les procureurs zurichois pour qu'ils entreprennent enfin quelque chose contre moi», a affirmé le conseiller national.

Démission du président de la BNS

En décembre dernier, M. Blocher avait informé Micheline Calmy- Rey, alors présidente de la Confédération, de transactions suspectes menées par Philipp Hildebrand et sa femme. Ces révélations avaient conduit à la démission du président de la Banque nationale suisse (BNS). Les transactions en question n'étaient ni illégales ni ne violaient le règlement de la BNS, selon une expertise effectuée a posteriori.

Le Ministère public zurichois enquête déjà depuis début janvier sur l'affaire Hildebrand. Sont visés l'avocat et député UDC au Grand Conseil thurgovien Hermann Lei et son collègue zurichois Claudio Schmid, qui auraient servi d'intermédiaire entre M.Blocher et l'informaticien de la banque Sarasin à l'origine de l'affaire. (ats)

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