Actualisé 09.01.2009 à 10:28

Libre circulation

Christoph Blocher pas pressé de financer la campagne de l'UDC

A un mois de la votation sur la libre circulation des personnes, la campagne bat son plein. Les principaux acteurs, l'UDC et les milieux économiques, y investissent des millions de francs. L'ampleur de l'engagement de Christoph Blocher reste par contre peu clair.

Selon son collaborateur Walter Eberle, interrogé par l'ATS, un soutien pécunier de l'ancien conseiller fédéral à l'UDC ou au comité d'entrepreneurs prônant le "non" dont il fait partie reste pour l'instant ouvert. Le milliardaire zurichois s'est lui-même montré ambigu à ce sujet.

«Peut-être que je paierai quelque chose, peut-être que non», déclarait récemment Christoph Blocher dans les colonnes du Blick. "Mais si je dit oui aujourd'hui, plus personne ne financera la campagne."

Pour le secrétaire général du PRD Stefan Brupbacher, l'UDC ne devrait toutefois pas manquer d'argent. Pour leur campagne débutée il y a peu, les démocrates du centre disposent de plusieurs millions, estime-t-il.

Le porte-parole de l'UDC Alain Hauert se refuse à le confirmer ou à préciser le coût des affiches que le parti a placardées dans tout le pays et qui présentent des corbeaux s'attaquant à la Suisse. Il explique qu'après la décision prise le 29 novembre par les délégués de rejeter la libre circulation, une récolte de fonds a été lancée et que la campagne est financée par ce biais.

Des millions pour economiesuisse

De son côté, Stefan Brupbacher affirme qu'en raison de l'importance des bilatérales, le PRD lancera la plus grande campagne de son histoire. Entre 300000 et 500000 francs devraient être dépensés à cet effet.

La campagne en faveur du "oui" est avant tout financée par economiesuisse, à hauteur de plusieurs millions de francs. Selon son président Gerold Bührer, la votation du 8 février constitue la priorité numéro une du monde économique.

Un arbre remplace un arbre

Economiesuisse compte également hausser le ton durant le dernier mois de campagne. Ses affiches représentant un arbre, régulièrement décriées comme trop gentilles, ont été remplacées.

Les nouvelles ne sont toutefois pas très différentes puisqu'on peut y voir également un arbre. Mais celui-ci n'est plus qu'à moitié fleuri. Au lieu de l'être entièrement, il présente une moitié desséchée symbolisant le "non" à la libre circulation.

Peu pour les jeunes UDC

Les jeunes UDC, qui contre l'avis de leurs aînés, s'étaient lancés dans la récolte de signatures pour le référendum avec la Lega et les Démocrates Suisses, devront se contenter d'une campagne modeste, faute de moyens.

Un appel sur internet n'a permis au comité référendaire, qui entend se lancer dans la bataille tout prochainement, de récolter pour l'heure que 70'000 francs, selon le conseiller national st- gallois Lukas Reimann. Qui assure que Christoph Blocher ne leur a pas versé un centime.

ASIN et USS réservées

Généralement très engagée sur tous les dossiers qui touchent à l'Europe, l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) se montre peu présente dans la campagne. Elle se contente de faire partie du comité de Lukas Reimann et de distribuer un argumentaire, indique son directeur, le conseiller national Hans Fehr (UDC/ZH).

L'Union syndicale suisse observe la même retenue. Après sa campagne pour une AVS flexible, elle doit se serrer la ceinture et se limite à recommander à ses membres de glisser un "oui" dans les urnes le 8 février, selon son porte-parole Pietro Cavadini. (ats)

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