Actualisé 24.02.2009 à 08:05

Spécialités chimiques

Chute du bénéfice net pour Sika en 2008

Touché par la crise dans l'industrie automobile et le bâtiment, Sika a vu sa rentabilité chuter l'an passé.

Le fabricant zougois de spécialités chimiques a dégagé un bénéfice net de 267,4 millions de francs, 22,8% de moins qu'un an auparavant.

Il s'agit néanmoins de la deuxième meilleure performance de l'histoire de l'entreprise, a relevé mardi le groupe établi à Baar. Le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) a pour sa part plongé de 17,4% au regard de 2007 à 422 millions de francs.

Le groupe explique le recul de son résultat notamment en raison de taux de change défavorables dans plusieurs pays, dont la Grande- Bretagne, la Corée, le Japon et l'Australie. Il invoque aussi d'»énormes» hausses des prix de matières premières durant le 3e trimestre ainsi que des investissements dans les régions à fort potentiel de croissance, particulièrement dans le domaine de l'encadrement du personnel.

La marge bénéficiaire du groupe s'est fortement réduite passant en l'espace d'un an de 7,5 à 5,8%. Comme déjà annoncé en janvier, le chiffre d'affaires s'est hissé à 4,6 milliards de francs l'an passé, non sans avoir subi un sérieux ralentissement au 4e trimestre. Exprimées en devises locales, les ventes ont crû en 2008 de 7,3%, mais seulement de 1,1% en francs.

Ventes en repli en fin d'année

Sur le seul 4e trimestre, le chiffre d'affaires a diminué de 6,5% au regard de la même période de 2007. Pour l'ensemble de l'année, la hausse des ventes en monnaies locales a été la plus forte dans la zone Afrique, Moyen-Orient et Inde (&33,0%), suivie de l'Amérique latine (&25%). Elle a encore atteint 7,0% en Amérique du Nord, mais a pratiquement stagné en zone Europe du sud, à &0,9%.

Contribuant aux trois quarts du chiffre d'affaires total, les activités liées à la construction (étanchéité, collage, insonorisation, renfort et protection) ont souffert de la crise au 4e trimestre. Reste qu'elles ont présenté une évolution que Sika juge satisfaisante sur l'ensemble de l'année.

Il n'en n'est pas allé de même dans le secteur des composants industriels, fortement dépendants de la production automobile. La déprime de cette industrie en fin d'année s'est traduite pour Sika par un stagnation de son chiffre d'affaires sur l'ensemble de l'exercice sous revue.

A l'heure des prévisions pour l'année en cours, Sika se montre prudent. Le groupe zougois table sur une détérioration de la conjoncture avec pour corollaire un tassement de la demande sur nombre de ses marchés. Les activités de la construction ressentent ces difficultés avec un temps de retard, et il en sera de même lorsque la situation s'améliorera.

Fermetures de sites pas exclues

Sika estime toutefois que les programmes de relance initiés dans certains pays, avec des investissements publics dans les infrastructures, pourraient compenser le tassement de la construction privée. Mais le flou reste entier quant au moment auquel ces effets se répercuteront sur les affaires du groupe.

Employant 12 900 collaborateurs à fin 2008, soit près de 1200 de plus qu'un an auparavant, l'entreprise zougoise entend continuer à accroître l'efficience de ses installations de production, de sa chaîne logistique et de son organisation générale. Et d'avertir que certains sites ne travaillant pas de «manière optimale» seront fermés et les capacités de production locales adaptées à la demande.

Sika vise selon les situations à adapter rapidement la structure de ses coûts aux conditions du marché. Des programmes qui pourraient également s'accompagner d'effets en matière d'emplois. Evoquant sa structure décentralisée, le groupe juge néanmoins indadéquats de vastes plans de suppressions de postes. (ats)

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