Réunification Chypre: Chypre: pas de document commun de l'ONU
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Réunification ChypreChypre: pas de document commun de l'ONU

Les pourparlers sur la réunification de Chypre reprennent mercredi à Crans-Montana. Espen Barth Eide constate un manque de consensus entre les acteurs.

L'ONU n'a pas trouvé de consensus auprès des parties chypriotes pour un document commun qui offrirait un cadre aux pourparlers de Crans-Montana (VS). Répétant l'«opportunité unique» d'avancer vers un accord, elle refuse d'en faire la réunion «de la dernière chance» pour une réunification de l'île divisée depuis plus de 40 ans.

«Nous n'avons pas de document commun», a dit mardi devant la presse à Genève l'émissaire de l'ONU Espen Barth Eide. «Nous allons reprendre là où nous étions restés» lors de la précédente conférence sur Chypre. Certains éléments partagés par les deux communautés seront toutefois relayés par l'ONU qui n'a fait «aucune proposition sur le contenu». «Plus d'une partie a indiqué ne pas se sentir liée par un tel document» commun, a ajouté M. Eide.

«C'est une opportunité unique», a répété le Norvégien. Et cette série de discussions est «extrêmement importante» et même «la meilleure chance» d'atteindre un accord de principe sur les questions à résoudre. Même si les discussions s'annoncent difficiles, «c'est possible», a souligné M. Eide.

Accord sur un volume de territoires

Les pourparlers qui reprennent mercredi doivent porter sur les questions du territoire, du droit de propriété, de la gouvernance et de la répartition des pouvoirs. L'émissaire a rappelé que les deux parties avaient échangé pour la première fois leurs cartes en janvier lors de la conférence sur Chypre à Genève.

Chypriotes grecs et turcs sont largement tombés d'accord sur le volume de territoires pour chacune des deux communautés dans un futur Etat fédéral. Mais ils doivent encore finaliser lesquels sont restitués à l'autre partie. La République chypriote turque (RTCN), reconnue seulement par la Turquie, devra rendre un nombre «significatif» de zones.

Sécurité et garanties

Mais les deux parties doivent surtout avancer sur les questions de la sécurité et des garanties de 1960 qui donnent la possibilité à la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne d'intervenir militairement pour rétablir l'ordre constitutionnel dans l'île. Ce point reste la principale division à résoudre.

Les dirigeants chypriotes turcs et grecs sont favorables au maintien ou à une réforme de ces garanties, notamment de la présence des quelque 35'000 soldats turcs dans le nord de l'île. Les autres parties souhaitent qu'elles soient éliminées.

Gaz et présidentielle

L'émissaire refuse de spéculer sur les conséquences d'une absence de progrès dans les deux prochaines semaines. A la mi-juillet, un forage de gaz naturel, contesté par la Turquie, doit être lancé au large de Chypre.

La campagne pour l'élection présidentielle de février va ensuite démarrer à l'automne. Certains redoutent que le processus ne soit gelé jusqu'après le scrutin, sans savoir s'il pourra reprendre sur le même format.

M. Eide a rappelé que le vote d'une loi controversée au Parlement chypriote sur la commémoration dans les écoles d'un référendum de 1950 soutenant un rattachement à la Grèce avait bloqué le processus pendant des mois. «Nous avons perdu plusieurs mois», «plus que nous n'aurions dû», a-t-il estimé.

Dizaine de jours de discussions

Mercredi, la conférence doit rassembler les présidents chypriote Nicos Anastasiades et chypriote turc Mustafa Akinci et les ministres des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson. De même que le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Certains d'entre eux devaient se retrouver dès mardi soir pour un dîner, avant le lancement des négociations mercredi. L'ONU mise sur une dizaine de jours de discussions aux formats politique et technique en parallèle. Mais celles-ci pourraient durer moins longtemps ou se prolonger en cas de besoin.

Depuis une invasion turque en 1974, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Tout compromis serait soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l'île. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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