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Ciba retrouve les chiffres noirs

Ciba, en pleine restructuration, est revenu dans les chiffres noirs au premier semestre 2007.

Le marché a toutefois montré sa déception devant les chiffres présentés, surtout pour ce qui concerne le 2e trimestre.

Ces six mois ont été bouclés sur un bénéfice net de 103 millions de francs, contre une perte de 202 millions un an plus tôt. Les ventes ont progressé de 2% (&1% en monnaies locales) à 3,308 milliards de francs, a indiqué Ciba jeudi. Le résultat opérationnel (EBIT) s'est amélioré d'un an à l'autre de 5% à 273 millions de francs, hors charges de restructuration.

En incluant ces charges, l'EBIT s'est par contre replié de 8% à 208 millions de francs, et le bénéfice des activités poursuivies s'inscrit à 110 millions, contre 96 millions pour les six premiers mois de 2006. La perte générée par les activités abandonnées s'est élevée à 7 millions, alors qu'elle avait atteint 298 millions un an plus tôt.

Faible 2e trimestre

Sur le seul 2e trimestre, le chiffre d'affaires a augmenté de 2% à 1,649 milliard de francs (stagnation en monnaies locales). Y compris les charges de restructuration, l'EBIT s'est contracté de 47% à 77 millions de francs, et le bénéfice des activités poursuivies de 45% à 33 millions.

Au final, ces trois mois se soldent tout de même par un bénéfice net de 27 millions de francs, à comparer à une perte de 239 millions au 2ème trimestre 2006.

Armin Meyer, le patron du groupe, qui remettra à la fin de l'année la présidence du conseil d'administration, a affirmé en conférence de presse à Bâle que Ciba évoluait dans la direction voulue. L'objectif n'est certes pas encore atteint, mais la direction est la bonne, selon lui.

Le second semestre a pour sa part bien débuté, avec des ventes solides en juillet. Pour l'ensemble de l'année en cours, M. Meyer table sur une progression tant des ventes que des marges et du bénéfice.

Recul en Amérique

Ciba explique la faible progression de son chiffre d'affaires durant les six premiers mois de l'année par divers facteurs, notamment la faiblesse du secteur automobile et de la construction en Amérique du Nord. Les mesures d'assainissement et d'optimisation du portefeuille de produits ont également eu une influence négative.

Les ventes ont ainsi reculé de 6% en francs (-3% en monnaies locales) dans la région Amériques. Elles ont par contre augmenté de 6% (&1%) en Europe, et de 5% (&7%) en Asie, avec une forte hausse en Chine plus particulièrement. Les prix ont pour leur part été adaptés en fonction des hausses de ceux des matières premières, particulièrement les dérivés de pétrole.

La restructuration se poursuit

Le programme de restructuration lancé l'an dernier et qui devrait être bouclé d'ici 2009 suit son cours, a par ailleurs relevé Ciba. Il a pesé au 1er semestre à hauteur de 62 millions de francs sur les comptes. Pour l'ensemble de l'exercice en cours, ses coûts devraient se situer entre 90 et 100 millions de francs, pour des économies de 60 à 70 millions.

Dans le cadre de ce programme, les coupes annoncées dans les effectifs ont aussi continué. Depuis juin 2006, quelque 1100 postes ont ainsi été supprimés, dont 280 depuis le début de cette année, ramenant l'effectif du groupe à 13 849 personnes à la fin du semestre sous revue.

Les coûts de l'ensemble du programme de restructuration ont été estimés entre 250 et 300 millions de francs. Il se traduira aussi par une réduction de quelque 2500 emplois au total.

Sévère verdict boursier

A la Bourse suisse, le verdict après la présentation de ces chiffres a été plutôt sévère. Vers 15h45, l'action nominative Ciba avait plongé de 7,2% par rapport à la clôture de mercredi, à 64,05 francs. Elle se retrouvait ainsi en lanterne rouge de l'indice SMI des valeurs vedettes, qui lui-même était en baisse de 2%.

Pour les analystes d'Helvea (Banque Pictet et Cie), dont les avis résument ceux de la majorité des investisseurs, les résultats présentés par Ciba se situaient nettement en-dessous de leurs attentes et de celles du marché.

SDA/ATS

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