Fumée passive: Cigarette dans les lieux publics: les Valaisans trancheront
Actualisé

Fumée passiveCigarette dans les lieux publics: les Valaisans trancheront

Le parlement valaisan a banni la fumée des établissements publics en acceptant en février dernier la nouvelle loi cantonale sur la santé.

La décision a toutefois été contestée par référendum. Le peuple devra donc se prononcer le 30 novembre.

La lutte contre la fumée passive s'est accélérée dès le 11 février en Valais. A cette date, le Centre d'information pour la Prévention du Tabagisme (CIPRET-Valais) lance une pétition via son site internet et réclame l'élaboration d'une loi cantonale.

Après deux jours, la pétition recueille déjà 3000 signatures. Au Grand Conseil, les députés démocrates chrétiens mettent la pression. Ils proposent d'inclure des articles sur la fumée passive dans la nouvelle loi cantonale sur la santé. Le 14 février, la loi est acceptée par 75 voix contre 31 et 9 abstentions.

Les articles, qui devaient initialement faire l'objet d'une loi spécifique, dotent le Valais d'une législation plus restrictive que la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif.

La loi valaisanne interdit la fumée dans tous les établissements publics, même ceux disposant d'une surface inférieure à 80 mètres carrés. Elle autorise des fumoirs ventilés mais sans service. De plus, elle interdit la publicité pour le tabac.

Les médecins montent au créneau

Suite à la décision du Grand Conseil, un comité indépendant a lancé un référendum. Ses membres, issus essentiellement du Haut- Valais, veulent créer un véritable débat sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics et dénoncent les restrictions à la liberté individuelle.

Gastrovalais, partisan d'une loi fédérale, n'appuie par les référendaires, et le CIPRET-Valais dénonce par voie d'affiche un référendum «inutile et coûteux». Malgré cela, le référendum aboutit le 5 juin, muni de 3832 signatures, dont 85 % récoltées dans le Haut-Valais.

A un mois et demi du verdict populaire, soit le 15 octobre, quelque 300 Valaisans constituent un comité de soutien à la loi valaisanne sur la santé. Parmi les membres, une centaine de médécins, des politiciens et des restaurateurs.

Présidé par Jean-Marie Tschopp, médecin-directeur du Centre valaisan de pneumologie, le comité dénonce les ravages du tabagisme passif. Selon des études, 1000 non-fumeurs décèdent chaque année en Suisse de maladies liées au tabagisme. C'est trois fois plus que les victimes de la route.

Les mots d'ordre des pincipaux partis politiques valaisans sont favorables à la lutte contre le tabagisme passif: démocrates chrétiens, radicaux-libéraux et socialistes appellent officiellement la population à accepter la loi cantonale sur la santé.

Situation disparate en Suisse

Dans les cantons suisses, la situation est disparate. Selon des données de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), la fumée est interdite actuellement dans les restaurants des cantons du Tessin, de Bâle-Ville, Soleure, Uri, Zurich, d'Appenzell Rhodes- extérieures et des Grisons. Les citoyens vaudois et fribourgeois se prononceront le 30 novembre sur des initiatives et des contre- projets liés au bannissement de la fumée des lieux publics.

Dans tous les autres cantons, exceptés le Jura, Glaris et Appenzell Rhodes-intérieures, des initiatives populaires ou des projets de loi sont en cours de traitement.

(ats)

Ton opinion