Actualisé 10.08.2007 à 09:25

Cinecittà part en fumée

Un important incendie a détruit plusieurs milliers de mètres carrés des mythiques studios de cinéma Cinecittà de Rome.

Le sinistre pourrait avoir été provoqué par un court-circuit dans un dépôt de matériel.

Le feu a éclaté jeudi vers 22H00 dans un hangar de 2000 m2 où se trouvaient entreposés des temples en carton, des rues de toile et de plastique utilisés comme décor pour la super-production télévisée anglo-américaine «Rome» qui relate la naissance de l'empire romain.

Après des heures de lutte, les pompiers ont réussi à éteindre les flammes, qui atteignaient à un moment près de 40 mètres de haut. Les soldats du feu avaient engagé une quinzaine de véhicules ainsi que des moyens aériens pour lutter contre l'incendie.

Court-circuit

«Les flammes, peut-être provoquées par un court-circuit, sont parties d'un dépôt de matériel (...) hautement inflammable et il a fallu peu de choses pour tout réduire en cendres», a expliqué vendredi à la presse Guido Parisi, le chef des pompiers de Rome.

«Puis l'incendie s'est étendu à un plateau de télévision voisin qui en cette période de vacances n'était pas utilisé «, a-t-il ajouté.

Le feu n'a fait aucune victime. Au total, les flammes ont détruit au total un peu moins de 4000 m2 - sur les 40 hectares (400 000 m2) de l'immense complexe cinématographique de la périphérie de Rome.

Décors historiques sauvés

D'autres décors historiques chers aux cinéphiles du monde entier comme ceux de «E la Nave va» (1983) de Fellini ou encore ceux de «Ben Hur» (1958) de William Wyler ont pu être sauvés.

Cinecittà a fêté en avril ses 70 ans d'existence, avec plus d'un millier de films à son actif. Inaugurés en grande pompe le 28 avril 1937 par Benito Mussolini, «La ville du cinéma» avait été imaginé pour concurrencer Hollywood. Mais ce n'est qu'au début des années 1950 que les studios réussissent leur pari et sont pris d'assaut par les cinéastes italiens et américains.

L'âge d'or de Cinecittà va durer jusque dans les années 1960: les studios verront notamment naître «Ben Hur» de William Wyler ou «Quo Vadis» de Mervyn LeRoy (1949). Parmi Roberto Rossellini, Vittorio De Sica ou encore Luchino Visconti, le cinéaste italien le plus fidèle à Cinecittà sera Federico Fellini qui la choisit pour ses plus grands films, de la «Dolce Vita» (1960) à «Satyricon» (1969) sans oublier «Amarcord» (1973).

Dans les années 1970, le boom des productions télévisées et la crise des productions cinématographiques avaient mis un terme à l'âge d'or de Cinecittà, qui connaîtra ensuite une longue traversée du désert. La privatisation quasi totale des studios en 1997 avait permis d'attirer de nouveaux gros contrats, dont le tournage de «Rome». (ats)

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