Actualisé 20.05.2016 à 05:36

Mali

Cinq Casques bleus tchadiens tués

L'attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste d'Ansar Dine.

Une patrouille de la Minusma dans le nord du Mali, le 18 mai 2016.

Une patrouille de la Minusma dans le nord du Mali, le 18 mai 2016.

photo: AFP

Cinq Casques bleus tchadiens ont été tués et trois autres grièvement blessés mercredi lors d'une embuscade tendue par les djihadistes d'Ansar Dine dans le nord-est du Mali, où le déploiement des Nations unies est le plus coûteux en vies humaines depuis 20 ans.

Cette attaque est la plus meurtrière visant la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) depuis celle du 12 février contre sa base de Kidal, dans la même région, qui avait coûté la vie à sept Casques bleus guinéens, dont une femme. Toutes deux ont été revendiqués par le groupe djihadiste, Ansar Dine, du Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

«Hier vers 17H00 locales (mercredi vers 18H00 heure de Suisse), cinq Casques bleus de la Minusma ont été tués et trois ont été grièvement blessés lors d'une embuscade au nord d'Aguelhok», a annoncé la Minusma, évoquant «un nombre indéterminé d'assaillants» non identifiés.

Trois suspects capturés

«L'attaque s'est déroulée alors que les soldats de la paix escortaient un convoi logistique. Après avoir heurté un engin explosif, le convoi a été la cible de tirs», a ajouté la Minusma, en précisant qu'ils appartenaient au contingent tchadien. «Suite à l'attaque, trois suspects ont été capturés», a indiqué la Minusma.

L'attaque a été revendiquée jeudi soir par un responsable d'Ansar Dine dans une déclaration à l'AFP. «Nos moujahidine ont attaqué sur notre terre d'islam de l'Adrar des Ifoghas (région de Kidal) des militaires qui travaillent dans le regroupement international contre nous», a déclaré ce responsable, Nourredine Ag Mohamed, qui a déjà revendiqué de précédentes opérations au nom d'Ansar Dine.

Selon une source militaire africaine au sein de la force de l'ONU, quatre soldats ont été tués sur le coup et le cinquième a succombé à ses blessures.

«L'attaque a été faite grâce à des complicités. Des gens proches de nous ont communiqué nos positions, notre itinéraire, ça, c'est très sûr», a estimé cette source sous couvert d'anonymat.

«Crime de guerre»

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans une déclaration de son porte-parole, a demandé que «les auteurs de ce crime odieux soient rapidement traduits en justice», et rappelé que les attaques contre des Casques bleus «constituent un crime de guerre selon le droit international».

«Les Nations unies continueront à soutenir la stabilisation du Mali et la mise en place de l'accord de paix» signé en mai-juin 2015, a-t-il assuré.

Selon une source au sein de la Minusma, les corps des Cinq casques bleus tchadiens étaient attendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bamako, où ils doivent recevoir un hommage lors d'une cérémonie avant d'être rapatriés à N'Djaména.

Force française

Déployée depuis juillet 2013, la Minusma est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec à ce jour une soixantaine de Casques bleus tués en opération.

La force française Barkhane, qui traque les djihadistes à travers le Sahel, est intervenue en soutien de la Minusma après cette attaque, a déclaré jeudi le porte-parole de l'état-major français, le colonel Gilles Jaron.

L'armée française a envoyé «deux hélicoptères de manoeuvre ainsi qu'un détachement de forces au sol qui a sécurisé la zone et permis aux hélicoptères de récupérer les blessés tchadiens qui ont été immédiatement évacués vers Gao», a-t-il précisé.

Accord de paix

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, dont Ansar Dine, après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les djihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature de l'accord de paix entre le camp gouvernemental et l'ex-rébellion, censé isoler définitivement les djihadistes . (nxp/afp)

(NewsXpress)

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