Allemagne: Cinq choses à savoir sur le mur de Berlin
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AllemagneCinq choses à savoir sur le mur de Berlin

La haute ceinture de béton qui divisait la capitale allemande a été abattue le 9 novembre 1989. Elle a fait de Berlin-Ouest une enclave dans le bloc de l'Est.

Abattu en novembre 1989 dans l'euphorie, le mur de Berlin a symbolisé pendant 30 ans la partition de l'Allemagne vaincue et la confrontation entre camp soviétique et monde occidental. Cinq choses à savoir sur cette haute ceinture de béton qui a fait de Berlin-Ouest une enclave dans le bloc de l'Est:

Plaques de béton armé

Construit à partir du 13 août 1961 pour stopper l'exode des Allemands de l'Est vers l'Ouest (3 millions de personnes entre 1945 et 1961), le mur de Berlin mesurait en totalité 155 kilomètres: 43 km coupaient Berlin du nord au sud, tandis que 112 km isolaient Berlin-Ouest du reste de la République démocratique allemande (RDA).

Sur une grande partie, le Mur se composait de plaques de béton armé de 3,6 mètres de haut, lisses et surmontées de cylindres pour décourager toute tentative d'escalade. Côté est, un no-man's land soigneusement gardé, bardé d'ouvrages de défense, longeait le Mur. Surnommé «la bande de la mort», cette seconde enceinte empêchait les Berlinois de l'Est de s'approcher de la frontière.

Endroit le mieux éclairé de Berlin

Au total, 302 miradors et 20 bunkers permettaient à plus de 7000 soldats d'en assurer la surveillance. La nuit, des lampadaires tous les 30 mètres faisaient du Mur l'endroit le mieux éclairé de la ville, contrastant avec la pénombre dans laquelle Berlin-Est était plongée.

Alarmes, fossés, barbelés, molosses montant la garde, systèmes de tirs automatiques complétaient l'ouvrage. Dans le no-man's land, une zone soigneusement ratissée, interdite aux militaires eux-mêmes, permettait de repérer la moindre trace de pas.

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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé les Etats-Unis de Donald Trump au «respect mutuel» avec ses alliés, au détriment de «l'égoïsme national»,  lors de la célébration de la chute du Mur. (Samedi 9 novembre 2019)

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé les Etats-Unis de Donald Trump au «respect mutuel» avec ses alliés, au détriment de «l'égoïsme national», lors de la célébration de la chute du Mur. (Samedi 9 novembre 2019)

AFP
La chancelière allemande a rappelé les «valeurs qui fondent l'Europe», à l'occasion des 30 ans de la chute du mur de Berlin. (Samedi 9 novembre 2019)

La chancelière allemande a rappelé les «valeurs qui fondent l'Europe», à l'occasion des 30 ans de la chute du mur de Berlin. (Samedi 9 novembre 2019)

AFP
Le mémorial érigé en hommage aux personnes qui ont trouvé la mort en tentant de traverser le Mur. (Samedi 9 novembre 2019)

Le mémorial érigé en hommage aux personnes qui ont trouvé la mort en tentant de traverser le Mur. (Samedi 9 novembre 2019)

AFP

Checkpoint Charlie

Le Mur comportait sept points de passage officiels. Le plus célèbre était Checkpoint Charlie situé sur la Friedrichstrasse entre les quartiers de Kreuzberg à l'Ouest et de Mitte à l'Est.

Ce poste-frontière a été le théâtre en octobre 1961 de la confrontation entre États-Unis et Union soviétique: chars et soldats des deux camps s'y sont fait face pendant plusieurs heures après un différend sur la libre circulation d'un diplomate américain, Allan Lightner.

Un an plus tard, un maçon est-allemand de 18 ans, Peter Fechter, y est devenu l'une des premières victimes du Mur, abattu alors qu'il escaladait l'ouvrage à deux pas de Checkpoint Charlie par des gardes-frontière qui l'ont laissé agoniser dans le no-man's land.

Tunnel 57

En 28 ans d'existence, les tentatives de passage à l'Ouest ont été multiples, souvent mortelles. Selon le Mémorial du Mur de Berlin, plus d'une centaine de personnes y sont mortes entre 1961 et 1989.

La fuite la plus importante a été celle du «Tunnel 57», ainsi baptisée parce qu'elle a permis en octobre 1964 à 57 personnes de passer à l'Ouest. Une galerie de 140 mètres avait été creusée par des étudiants de l'Ouest depuis la cave d'une boulangerie désaffectée.

Parmi les fuites les plus rocambolesques, en août 1988 une famille de quatre personnes parvient à passer la frontière à bord d'un petit avion d'épandage agricole.

Un ingénieur en électronique, Winfried Freudenberg, figure comme la dernière victime du Mur: il s'est écrasé en mars 1989 à Berlin-Ouest après avoir survolé le Mur à bord d'un ballon gonflable de sa fabrication.

«Ich bin ein Berliner»

«Ich bin ein Berliner»: ces quatre mots prononcés le 26 juin 1963 par John Fitzgerald Kennedy lors d'une visite historique à Berlin ont marqué la mémoire collective. Deux ans après l'érection du «mur de la honte», le président américain rassurait, par ces mots, les Berlinois et affichait la solidarité du camp occidental.

Quelques années avant la chute du Mur, le président français François Mitterrand lançait en 1985, au côté du chancelier Helmut Kohl, une formule prémonitoire: «Berlin a fait son plein de souffrance, il est temps qu'elle fasse son plein d'espérance». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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