21.05.2019 à 17:54

Prilly (VD)

Cinq essaims d'abeilles colonisent deux bâtiments

La saison de l'essaimage vient de débuter et les conditions météo de ce printemps suscitent des situations exceptionnelles. Les riverains des Flumeaux en ont été les témoins, mardi.

de
Xavier Fernandez

Mardi, peu après midi, des dizaines de milliers d'abeilles se sont regroupées sur un bâtiment de la route des Flumeaux, à Prilly. «Je travaille juste en face et, d'un coup, j'ai vu de nombreuses personnes qui s'arrêtaient et scrutaient la façade. Quand j'ai réalisé de quoi il s'agissait, j'ai été impressionné. D'autant que, le matin même, il n'y avait rien», explique un témoin.

Ce dernier a immédiatement contacté SOS Essaim. Mais il n'était pas le premier à le faire: une vingtaine de personnes l'avaient devancé et l'apicultrice Angela Thode était déjà en chemin. «Dans ce genre de situation, il faut agir vite, pour éviter que les abeilles passent la nuit dehors. Ce n'est pas bon pour elles, d'autant qu'elles sont certainement sorties de ruches domestiques», explique l'apicultrice.

Spécialistes sur le qui-vive

Si les spécialistes étaient sur le qui-vive, c'est aussi parce que la période est extrêmement propice à l'essaimage, soit quand les anciennes reines quittent la ruche en quête d'un nouveau foyer, avec la moitié de leur colonie, pour laisser place aux reines qui viennent de naître. «Il a d'abord fait chaud en février et froid ensuite. Et il a beaucoup plu dernièrement. Les abeilles attendaient donc avec impatience de pouvoir sortir. S'il continue à faire beau, ce genre de scènes va se répéter ces trois ou quatre prochains jours», pronostique Didier Bettens, responsable de SOS Essaim.

«L'essaimage se produit chaque année de fin avril à fin juin. Mais cette fois, en raison des conditions météo, nous allons sûrement assister à des situations exceptionnelles. D'ailleurs, mardi à Prilly, il y avait quelque chose de bizarre. Normalement, les abeilles forment une boule autour de la reine. Là, on dirait qu'elles s'étaient étalées sur trois étages du bâtiment», souligne Didier Bettens.

«Jamais vu une telle concentration»

Et Angela Thode de confirmer: «Il y avait au moins cinq essaims, répartis sur deux bâtiments. Je n'avais encore jamais vu une telle concentration dans un aussi petit périmètre.»

En outre, SOS Essaim a été contacté le même jour pour trois essaims à Nyon et un autre à Lausanne. «Il y en a probablement tout autant à la campagne, mais on les remarque moins. En ville, c'est vite impressionnant. Il ne sert toutefois à rien de paniquer. D'ordinaire, ces abeilles ne sont pas agressives, car elles sont gorgées de miel et n'ont rien à protéger.»

En cas de besoin, on peut contacter SOS Essaim au numéro: 079 386 81 80.

Les apiculteurs sauvent les abeilles

Pour capturer un essaim, il faut dans un premier temps s'emparer de la reine et la placer dans une boîte. Puis, petit à petit, ses camarades la rejoignent. Lorsque toutes les abeilles sont dans la boîte, celle-ci est transportée chez un apiculteur qui va surveiller la colonie de près durant quelques jours et lui prodiguer différents soins. Finalement, la colonie sera transférée dans une ruche. Néanmoins, pour ce qui est de récolter du miel, il faudra encore attendre une année. «D'une manière générale, le nombre d'abeilles tend à diminuer dans le monde. Mais, en Suisse, le travail des apiculteurs permet d'assurer une certaine stabilité. Les nouveaux essaims que nous capturons nous permettent de remplacer les colonies mortes durant l'hiver», explique Didier Bettens.

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